Dans les vaps !

  Je me suis éveillé vers 15 h  après une nuit loin d’être reposante ……Vaseux toute la journée ( au point que je me suis cru dimanche pendant un moment ! )…..Toujours cette chaleur pffff  ,il a fait beau ,chaud  toute la journée sans un souffle de vent ….En fin de journée un orage ( comme je le pressentais ) à éclaté  => j’ai fait un malaise  ,enfin  , çà = question d’habitude  , il ne me reste qu’un fort mal de tête ….

Demain , Manu va râler : Je ne suis toujours pas allé chez le coiffeur ni à la banque …..

  Je ne sais même pas ce que je vais lui  » offrir  » comme repas !

   J’avoue qu’un certain  » ras le bol  » m’envahit …..

Même mes blogs , j’ai de plus en plus envie de les arrêter……

Basta.. Portez vous bien .

A un de ces jours….peut-être….

Histoire de montrer que je suis toujours là…..

 Toujours une chaleur épuisante ( 30° ) à l’intérieur malgré le ventilateur , les courants d’air et….les douches froides….=> Envie de rien .Sans compter un mal de tête persistant ….De ce fait , la nuit fut pénible : Réveils à répétition….Ce qui fait que je me suis extirpé de mon lit difficilement vers 15 h00 !!!!!!avec un visage !! ( poches sous les yeux , cernes etc…)……Ne suis sorti que pour acheter mes cigarettes , le pain lui , était à ma porte comme d’habitude…..Evidemment , le coiffeur est remis à une date ultérieure ……

Pour le reste , ce fut repas rapide ( conserves ) ….et télé ….

Télé sans intérêt si ce n’est un film : Waterworld  science fiction , mais …..étant données nos conditions , façons de vivre , gérer la planète , ce pourrait bientôt devenir réalité ….( la terre est devenu un vaste océan suite à la fonte des banquises sous la chaleur) les hommes mutent pour s’y adapter et cherchent désespérément un reste de terre  » promise  » ….

Dimanche…..banal

Si ce n’est une forte chaleur  , ce fut une journée banale : Je me suis efforcé de sortir marcher un peu dans le village désert…..Pour le reste : Télé à outrance et douches froides à répétition ……

Bref : Rien de nouveau sous le soleil ….

Quand je ne suis pas au  » top  » ….

     Quand je ne suis pas en forme , que j’ai le cafard , les idées noires ….Mon remède aujourd’hui ,c’est Elle Camille ma petite fille ,comme mon fils était mon remède avant….

C‘est une jolie brindille
Au gré du vent elle frétille
Mais qu’elle jolie gazille (= fille tendre )
Infantile et si fragile
Lis des champs gracile,
Le parfum si subtile
 Elle est toute docile

Ma petite fille Camille …..

Il n’y a plus rien!

Il n’y a plus rien

Léo Ferré
IL N’Y A PLUS RIEN

Écoute, écoute… Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l’heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

Immobile… L’immobilité, ça dérange le siècle.
C’est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps.
Les amants de la mer s’en vont en Bretagne ou à Tahiti…
C’est vraiment con, les amants.

IL n’y a plus rien

Camarade maudit, camarade misère…
Misère, c’était le nom de ma chienne qui n’avait que trois pattes.
L’autre, le destin la lui avait mise de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu’elle accrochait dans les buissons pour y aller de sa progéniture.
Elle est partie, Misère, dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.
Camarade tranquille, camarade prospère,
Quand tu rentreras chez toi
Pourquoi chez toi?
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d’Alésia ou du Faubourg
Si tu trouves quelqu’un qui dort dans ton lit,
Si tu y trouves quelqu’un qui dort
Alors va-t-en, dans le matin clairet
Seul
Te marie pas!
Si c’est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée

Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs…
Tu pourras lui dire: « T’as pas honte de t’assumer comme ça dans ta liquide sénescence.
Dis, t’as pas honte? Alors qu’il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs?
Espèce de conne!
Et barre-toi!
Divorce-la
Te marie pas!
Tu peux tout faire:
T’empaqueter dans le désordre, pour l’honneur, pour la conservation du titre…

Le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir!

Il n’y a plus rien

Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
Parce qu’il se fait chier à être blanc, ce nègre,
Il en a marre qu’on lui dise:  » Sale blanc! »

A Marseille, la sardine qui bouche le Port
Était bourrée d’héroïne
Et les hommes-grenouilles n’en sont pas revenus…
Libérez les sardines
Et y’aura plus de mareyeurs!

Si tu savais ce que je sais
On te montrerait du doigt dans la rue
Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen!Clin d'oeil

Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
A la publicité des enzymes et du charme
Au trafic des dollars et aux trafiquants d’armes
Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
Avec le vent au cul et des sextants d’alarme
Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

Les mots… toujours les mots, bien sûr!
Citoyens! Aux armes!
Aux pépées, Citoyens! A l’Amour, Citoyens!
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés!
Les préfectures sont des monuments en airain… un coup d’aile d’oiseau ne les entame même pas… C’est vous dire!

Nous ne sommes même plus des juifs allemands
Nous ne sommes plus rien

Il n’y a plus rien

Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes!
Des poitrines occupées
Des ventres vacants
Arrange-toi avec ça!

Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées
C’est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d’être reconnu par ses admirateursRire
Dieu est une idole, aussi!
Sous les pavés il n’y a plus la plage
Il y a l’enfer et la Sécurité
Notre vraie vie n’est pas ailleurs, elle est ici
Nous sommes au monde, on nous l’a assez dit
N’en déplaise à la littérature

Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
A l’encyclopédie, les mots!
Et nous partons avec nos cris!
Et voilà!

Il n’y a plus rien… plus, plus rien

Je suis un chien?
Perhaps!
Je suis un rat
Rien

Avec le coeur battant jusqu’à la dernière battue

Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens:
« Apprends donc à te coucher tout nu!
« Fous en l’air tes pantoufles!
« Renverse tes chaises!
« Mange debout!
« Assois-toi sur des tonnes d’inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe

Si jamais tu t’aperçois que ta révolte s’encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l’inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien

Il n’y a plus rien… plus, plus rien

Invente des formules de nuit: CLN… C’est la nuit!
Même au soleil, surtout au soleil, c’est la nuit
Tu peux crever… Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d’études et le catéchisme ombilical.
C’est vraiment dégueulasse
Ils te tairont, les gens.
Les gens taisent l’autre, toujours.
Regarde, à table, quand ils mangent…
Ils s’engouffrent dans l’innommé
Ils se dépassent eux-mêmes et s’en vont vers l’ordure et le rot ponctuel!

La ponctuation de l’absurde, c’est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l’atterrissage: on rote et on arrête le massacre.
Sur les pistes de l’inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l’organe, du repu.

Mes plus beaux souvenirs sont d’une autre planète
Où les bouchers vendaient de l’homme à la criée

Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes…
Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
Alors, becquetons!
Côte à l’os pour deux personnes, tu connais?

Heureusement il y a le lit: un parking!
Tu viens, mon amour?
Et puis, c’est comme à la roulette: on mise, on mise…
Si la roulette n’avait qu’un trou, on nous ferait miser quand même
D’ailleurs, c’est ce qu’on fait!
Je comprends les joueurs: ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre…
Et ils mettent, ils mettent…
Le drame, dans le couple, c’est qu’on est deux
Et qu’il n’y a qu’un trou dans la roulette…

Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir

Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t’es coincé

Elle était belle comme la révolte
Nous l’avions dans les yeux,
Dans les bras dans nos futals
Elle s’appelait l’imagination

Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
Elle sommeillait
On l’enterra de mémoire

Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit!

Transbahutez vos idées comme de la drogue… Tu risques rien à la frontière
Rien dans les mains
Rien dans les poches

Tout dans la tronche!

– Vous n’avez rien à déclarer?
– Non.
– Comment vous nommez-vous?
– Karl Marx.Rire
– Allez, passez!

Nous partîmes… Nous étions une poignée…
Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets d’imagination dans le passé
Écoutez-les… Écoutez-les…
Ça rape comme le vin nouveau
Nous partîmes… Nous étions une poignée
Bientôt ça débordera sur les trottoirs
La parlote ça n’est pas un détonateur suffisant
Le silence armé, c’est bien, mais il faut bien fermer sa gueule…
Toutes des concierges!
Écoutez-les…

Il n’y a plus rien

Si les morts se levaient?
Hein?

Nous étions combien?
Ça ira!

La tristesse, toujours la tristesse…

Ils chantaient, ils chantaient…
Dans les rues…

Te marie pas Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan
Et ceux de Mexico
Bras dessus bras dessous
Bien accrochés au rêve

Ne vote pas

0 DC8 des Pélicans
Cigognes qui partent à l’heure
Labrador Lèvres des bisons
J’invente en bas des rennes bleus
En habit rouge du couchant
Je vais à l’Ouest de ma mémoire
Vers la Clarté vers la Clarté

Je m’éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
Dans l’or de mes cheveux j’ai mis cent mille watts
Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
J’imagine le téléphone dans une lande
Celle où nous nous voyons moi et moi
Dans cette brume obscène au crépuscule teint
Je ne suis qu’un voyant embarrassé de signes
Mes circuits déconnectent
Je ne suis qu’un binaire

Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
Roule Roule mon fils vers l’étoile idéale
Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
La mue ça ce fait à l’envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras autrepassé ta vision
Alors tu verras rien

Il n’y a plus rien

Que les pères et les mères
Que ceux qui t’ont fait
Que ceux qui ont fait tous les autres
Que les « monsieur »
Que les « madame »
Que les « assis » dans les velours glacés, soumis, mollasses
Que ces horribles magasins bipèdes et roulants
Qui portent tout en devanture
Tous ceux-là à qui tu pourras dire:

Monsieur!
Madame!

Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l’outrage et les bonnes moeurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses…
Et vous comptez vos sous?
Pardon…. LEURS sous!

Ce qui vous déshonore
C’est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
Dans vos salles de bains climatisées
Dans vos bidets déserts
En vos miroirs menteurs…

Vous faites mentir les miroirs
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés
« En visonnés »Clin d'oeil
Empapaoutés de morgue et d’ennui dans l’eau verte qui descend
des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
A un point donné
A heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes.
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
Tellement vous êtes beaux
Et vous comptez vos sous
En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J’allais dire « en douce » comme ces aquilons avant-coureurs et qui racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur et nivellateur qui empêche toute identification…
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les champions de l’anonymat.

Les révolutions? Parlons-en!
Je veux parler des révolutions qu’on peut encore montrer
Parce qu’elles vous servent,
Parce qu’elles vous ont toujours servis,
Ces révolutions de « l’histoire »,
Parce que les « histoires » ça vous amuse, avant de vous intéresser,
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu’il s’en prépare une autre.
Lorsque quelque chose d’inédit vous choque et vous gêne,
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
Dans un palace d’exilés, entouré du prestige des déracinés.
Les racines profondes de ce pays, c’est Vous, paraît-il,
Et quand on vous transbahute d’un « désordre de la rue », comme vous dites, à un « ordre nouveau » comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d’y apporter votre petit panier,
Pour n’en pas perdre une miette, n’est-ce-pas?
Et les « vauriens » qui vous amusent, ces « vauriens » qui vous dérangent aussi, on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les « vôtres » dans un drapeau.

Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras!
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés,
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu’on vous montre du doigt, dans les corridors de l’ennui, et qu’on se dise: « Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper »
Soyez tranquilles! Pour la reptation, vous êtes imbattables; seulement, vous ne vous la concédez que dans la métaphore…
Vous voulez bien vous allonger mais avec de l’allure,
Cette « allure » que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
Et quand on sait ce qu’a pu vous coûter de silences aigres,
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes,
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage,
Je me demande comment et pourquoi la Nature met
Tant d’entêtement,
Tant d’adresse
Et tant d’indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu’aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
Dans votre grand monde,
A la coupe des bien-pensants.

Moi, je suis un bâtard.
Nous sommes tous des bâtards.
Ce qui nous sépare, aujourd’hui, c’est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil
Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.
Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien

Il n’y a plus rien

Et ce rien, on vous le laisse!
Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là,
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d’inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
Le sourire des bêtes enfin détraquées,
La priorité à Gauche, permettez!

Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout

Et les microbes de la connerie que nous n’aurez pas manqué de nous léguer, montant
De vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos règlements d’administration pénitentiaire
De vos décrets
De vos prières, même,
Tous ces microbes…
Soyez tranquilles,
Nous aurons déjà des machines pour les révoquer

NOUS AURONS TOUT

Dans dix mille ans.…….

Le marginal .Utopiste

 
…….

Voir l’article original

Le Miroir sans Cœur…vanité

Le Miroir sans Cœur

Vanitas vanitatis

Le miroir, pour nous, ce n’est qu’un instrument, un morceau de verre avec un fond métallique qui reflète ce qui se trouve devant lui, que ce soit le cil un peu déplacé, ou l’ouragan qui rage à l’extérieur.  Le miroir ne peut que renvoyer que la réalité présente.  Pour peu qu’on se déplace de quelques centimètres, cette réalité change: le miroir peut refléter la montagne une seconde, la mer une seconde plus tard, et le ciel aussitôt qu’on le dépose.

Se regarder dans le miroir, c’est bien ce que tout le monde fait au moins une fois par jour, peut-être un peu plus au fil des années.  On veut s’assurer que les cheveux sont bien peignés, qu’on est bien rasé, ou que le rouge à lèvres et la poudre sont bien en place.  En fait on veut se rassurer qu’on est présentable, mais surtout qu’on est acceptable à notre famille, à nos amis, et aux personnes que nous aimons, et en particulier à nous-mêmes.  Il faut donc s’aimer un peu soi-même pour prendre le temps de se regarder dans le miroir.  Pour certains qui sans doute s’aiment beaucoup cela peut rapidement devenir une obsession ou même une raison de vivre.  Le miroir devient alors un compagnon indispensable et inséparable.

Pour Richard, ancien officier militaire de carrière, cette préoccupation s’était implantée à l’école des officiers, où tout devait être rasé de près, repassé à perfection, et vivement poli ou lustré.  Pour s’assurer de saisir tous les détails de sa présentation, il avait acheté un miroir en pied qu’il avait installé à la porte de sa chambre.  Cette attention au détail s’était développée au cours d’une longue carrière remplie de responsabilités croissantes et de promotions apparemment sans fin, et le miroir l’accompagnait à chaque étape.

Cette quasi-obsession s’était renforcée avec chaque changement de tenue: le short et maillot bien repassés et des baskets impeccables pour sport le matin pour la gymnastique et le parcours de cinq kilomètres obligatoires, le treillis pour la journée de travail,  la grande tenue aux plis en lame de couteau pour les parades et les visites au quartier général supérieur, et l’équivalent militaire du smoking pour les grandes occasions.   Sa dernière affectation, qui elle exigeait le civil plutôt que l’uniforme, lui permit même de se préparer à retourner à la vie civile avec la même attention au détail qu’il avait porté à son apparence pendant toute sa vie adulte.

Après l’armée Richard travailla une dizaine d’années dans une compagnie pétrolière où la présentation n’était pas aussi importante que dans l’armée, mais son miroir était toujours là, et lui permettait de rester aussi attentif à son apparence qu’avant parce que cela faisait vraiment partie de sa personnalité.   Il se rendait bien compte qu’il était presque le seul à passer tant de temps à se préparer le matin et à se surveiller pendant la journée, mais il mettait ça au compte de l’attention au détail, et, loin de se considérer vain, il attribuait une grande partie du succès qu’il avait eu dans ses deux carrières à sa présentation impeccable.

Mais sa vie de travail arriva bien à sa fin.  Maintenant retraité, Richard ne pouvait pas sortir en public sans s’être rasé de près et coiffé avec sa raie bien droite, comme dans l’armée.  Il s’assurait aussi que ses vêtements étaient propres, repassés et bien en place.  Bref, son meilleur copain le miroir restait indispensable.  De la même façon il lui aurait été impensable de sortir sans s’être inspecté des pieds à la tête.  Une fois satisfait il sortait la tête haute, d’un pas quasi militaire, sûr de lui-même, et certain de faire bonne impression aux gens qu’il rencontrerait.

Tout allait bien, mais avec l’âge cette inspection personnelle commençait à prendre encore plus en plus de temps: il avait moins de cheveux et il était donc plus difficile d’organiser et de fixer ce qui restait pour donner l’illusion d’une chevelure toujours abondante.  Les rides se creusaient, et la peau perdait son lustre naturel.  L’arthrite l’empêchait de se tenir aussi droit qu’il l’avait été quelques années plus tôt, et bien qu’il pensait être resté en bonne forme pour son âge, l’énergie n’était plus là.

Et puis ce maudit miroir qu’il se sentait obliger de consulter plusieurs fois par jour reflétait toujours tous les changements, toutes les déformations, tous les défauts qui accompagnent l’âge.  Il voyait bien qu’il avait maintenant les cheveux complètement blancs et des taches sur la peau.  Heureusement la vue de Richard baissait aussi un peu, lui épargnant quelques mauvaises surprises, mais il passait toujours beaucoup de temps à s’inspecter.  Fort impressionné de son allure parfaite, il ne se rendait pas compte à quel point le cœur et les poumons avaient faibli.

Au crépuscule de sa vie Richard continuait  à faire de l’exercice tous les jours.  Ce n’étaient plus des courses de cinq kilomètres, mais plutôt de longues randonnées dans la petite ville où il habitait et dans la forêt avoisinante.  Pour l’occasion il portait des vêtements de sport impeccablement repassés et des baskets blanches immaculées, le tout bien sûr inspecté visuellement et ajusté devant le miroir.

Comme c’était son habitude, un beau jour de printemps ensoleillé il sortit vers huit heures du matin pour faire une grande promenade dans les bois, suivie du déjeuner dans un petit restaurant à la sortie de la forêt vers midi.  L’air était frais.  Il n’y avait pas un nuage, et la météo n’annonçait pas de pluie.

Tout allait bien quand, à sa surprise, il commença à bruiner.  Surpris, Richard prit refuge sous un grand chêne qui le protégea pendant quelques minutes.  La bruine se transforma alors en orage violent, et l’arbre cessa de servir d’abri.  N’ayant apporté ni parapluie ni imperméable il fut tout vite trempé jusqu’à la moelle.  Petit à petit les chemins forestiers se transformèrent en rivières de boue qui collait à ses baskets et à ses vêtements.

Quand la pluie cessa d’un seul coup il avait déjà commencé à trembler de froid.  Il fut bien obligé de s’aventurer sur le chemin et de patauger dans la boue pour rentrer chez lui.  Plus question de s’arrêter au restaurant dans son état qui ne faisait qu’empirer à chaque pas.  Il toussait, grelottait et claquait des dents, mais essayait toujours de marcher droit.

La marche jusqu’à l’orée du bois lui parut interminable.  Arrivé là l’ancien militaire aperçut une voiture de police qui venait vers lui.  Il se cacha immédiatement pour qu’on ne le voie pas dans l’état où il était.  Il lui fallut une heure de plus pour arriver près de chez lui en évitant tous les passants et les autres voitures.  Il arriva à la maison en titubant, toussant de la bave striée de sang, et tremblant de fièvre.

Une fois à l’intérieur il se glissa dans sa chambre en essayant vainement d’éviter de regarder le miroir impassible : il était trempé, couvert de boue et avait l’air hagard.  Ce n’était pas lui;  c’était un vieillard qu’il ne reconnaissait pas, et il détourna le regard immédiatement, se lançant vers la salle de bains en retirant ses vêtements souillés.

L’eau chaude de la douche lui fit du bien, mais il se sentait déjà trop faible pour rester debout et dut s’asseoir sur le tabouret.  Il réussit quand même à se laver et à faire sa toilette.  Il se rasa même de nouveau, bien qu’il ne l’ait fait le matin-même.

Alors ce fut le moment de s’habiller: tremblant, vacillant et toussant toujours devant le miroir il commença à enfiler son uniforme de cérémonies, s’assurant que tout était en place, y compris toutes les médailles et les rubans de campagne, le nœud papillon et la casquette à visière dorée.  Un dernier effort lui permit de se redresser, de regarder dans le miroir, d’ajuster le nœud papillon, et de faire un dernier salut de soldat, que son image lui rendit.  Il s’écroula au pied du miroir.

Quand il revint à soi il réussit à ramper jusqu’à son lit et s’y hissa avec les dernières forces qui lui restaient.  Il s’étendit en position de garde à vous, ferma les yeux, sourit faiblement, ayant réussi à se préparer à la mort qu’il considérait être celle d’un soldat.  Il se laissa aller.  Il s’endormit.  Un peu plus tard il mourut sans souffrir et parfaitement habillé pour l’occasion.

Le miroir s’en foutait.  Il avait cessé de voir Richard, donc il ne justifiait plus son existence.  Quelqu’un d’autre prendrait bientôt la relève.

by Michael Carver © 2014

Fête de la musique ce dimanche…..

Ce dimanche , comme chaque année ce sera la fête de la musique : Si le temps est toujours au beau , ce sera bien …..Manu m’en a parlé , je ne me souviens plus si il doit passer me  » prendre  »  ou si nous nous retrouverons sur la place du village …..Bien entendu , l’attrait de cette fête tient aux musiciens ……L’an dernier , ce n’était pas le top …..

Origines de cette fête :

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Fête de la Musique

Fêtes et festivals Eté

 

Chaque 21 juin, la Fête de la musique, grande manifestation populaire et gratuite, ouverte à tous les participants amateurs ou professionnels, envahit les rues et les places de nos villes et de nos villages, mêlant pendant une nuit tous les genres musicaux et s’adressant à tous les publics.

L’idée à l’origine de la Fête de la Musique

Créée par Jack Lang, ministre de la Culture, sur une idée de son directeur de la Musique et de la Danse, Maurice Fleuret, qui fait le constat que cinq millions de personnes dont un jeune sur deux jouent d’un instrument de musique en France, la Fête de la Musique est lancée le 21 juin 1982, jour du  solstice d’été où la nuit est la plus courte, et de ce fait propice à une fête jusqu’au matin.

« Faites de la Musique, Fête de la Musique »

La mobilisation des musiciens professionnels ou amateurs, l’attention nouvelle portée à tous les genres musicaux, la gratuité des concerts et l’adhésion de plus en plus large de la population vont faire en quelques années de la Fête de la Musique une des grandes manifestations culturelles françaises. Son territoire privilégié est le plein air : rues, places, jardins, cours de musées… C’est l’occasion pour les grandes institutions musicales de sortir de leurs murs ou d’accueillir d’autres genres musicaux. La Fête offre aussi la possibilité de créer des échanges entre ville et banlieue, d’irriguer les communes rurales, de proposer des concerts dans les hôpitaux et les prisons, et favorise naturellement la démocratisation de l’accès aux pratiques artistiques et culturelles.

Présente sur les cinq continents

La Fête de la Musique commence à s’exporter en 1985, à l’occasion de l’Année européenne de la Musique. Succès international et phénomène de société, la Fête, qui est présente aujourd’hui dans plus de 100 pays sur les cinq continents, chaque 21 juin, est aussi porteuse des nouvelles tendances  musicales, qu’elle annonce ou qu’elle traduit : renouveau des musiques traditionnelles, explosion des musiques du monde, apparition du rap, de la techno, retour au carnaval musical…