Les petits métiers du pavé…..

   Marchands de colle, rempailleurs de chaises, affûteurs de scies… Une cohorte de débrouillards arpente la capitale chaque jour.
   A l’aube du XXesiècle, un déluge de braillements retentit dans les rues de Paris, du matin au soir.  » Marchands de chiffons, ferraille à vendre! / Artichauts, des gros artichauts, à la tendresse, à la verdure / à un sou, verts et tendres  », comme le raconte le compositeur Gustave Charpentier dans son opéra Louise en 1900. On entend  » à l’eau!  »: c’est le passage du porteur d’eau.  » De beaux carreaux  » ? C’est le cri du vitrier.  » Repasse ciseau, repasse rasoirs!  » Voilà le rémouleur. Annoncer ainsi ses produits, avec vigueur, c’est un vrai savoir-faire. Il existe même des professeurs d’intonation qui enseignent la technique vocale aux vendeurs.

  Ils sont environ 20000 commerçants en 1900 à arpenter tous les jours les rues de la capitale, notamment dans les quartiers des Halles ou des Grands Boulevards.       Un univers peuplé de débrouillards comme les tondeurs de chiens qui toilettent les animaux de compagnie de leurs clients à l’eau de la Seine puis revendent les poils rasés aux cardeurs, artisans du textile. Tout un peuple d’ouvriers indépendants, souvent pauvres, parfois nomades. On les trouve assis dans un coin de rue. La plupart se sont déclarés auprès de la préfecture et ont installé leur matériel en toute légalité.

    Pendant plusieurs siècles, ils sont indissociables du paysage parisien: apparus au Moyen Age, ils pullulent sous la Révolution avant de disparaître dans les années 1950. Les travailleurs quittent alors la rue pour entrer dans les usines et les progrès techniques condamnent de nombreuses professions :

     Le réfrigérateur a mis au chômage le marchand de pains de glace comme l’électricité a rendu inutile le passage quotidien de l’allumeur de réverbères armé de son long bâton au bout duquel brûlait un lumignon: les derniers becs de gaz parisiens se sont définitivement éteints en 1962.

   Aujourd’hui,seules les images d’archives telles que  : métiers du pavénous replongent dans les derniers soubresauts du vieux Paris, celui des camelots, des bougnats, des chevriers, des tailleurs de pavés, des chiffonniers, des arracheurs de dents ou des hommes orchestres. Adieu petits métiers, place à la modernité!

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Opéra  » Louise  » mais……long , trop long …

l’allumeur de réverbères :

 

7 réflexions sur “Les petits métiers du pavé…..

  1. Je ne suis pas parisienne, mais je me souviens que le remmouleur venait chez nous une fois pas an aiguiser les couteaux, les scies, hache, faux et autres instruments de torture ^^. Ma mère le croisait devant la porte des halles le samedi en allant faire le marché et elle lui donnait rendez-vous pour le lendemain ou le dimanche suivant.
    Il montait à pied à Castanet et il arrivait tôt car il y avait de quoi faire pour la matinée. Une fois qu’il avait fini, il se mettait à table avec nous et parlait patois avec mon grand-père (qui ne savait pas parler français) et puis sans m’en rendre compte, il n’est plus venu .
    Je me souviens aussi de ma mère qui remontait ne bus le midi avec les pains de glace à mettre dans la glacière. Nous allions à sa rencontre pour lui prendre les sacs car ça pesait une tonne et ceux jusque début des années 70 où mes parents ont eu l’argent pour acheter enfin un réfrigérateur. Le marchand de glace a arrêté son activité quelques années plus tard.
    Merci pour cet article qui a ravivé ma mémoire.

    Bisous l’artiste

  2. Je ne suis pas parisienne, mais je me souviens que le remmouleur venait chez nous une fois pas an aiguiser les couteaux, les scies, hache, faux et autres instruments de torture ^^. Ma mère le croisait devant la porte des halles le samedi en allant faire le marché et elle lui donnait rendez-vous pour le lendemain ou le dimanche suivant.
    Il montait à pied à Castanet et il arrivait tôt car il y avait de quoi faire pour la matinée. Une fois qu’il avait fini, il se mettait à table avec nous et parlait patois avec mon grand-père (qui ne savait pas parler français) et puis sans m’en rendre compte, il n’est plus venu .
    Je me souviens aussi de ma mère qui remontait ne bus le midi avec les pains de glace à mettre dans la glacière. Nous allions à sa rencontre pour lui prendre les sacs car ça pesait une tonne et ceux jusque début des années 70 où mes parents ont eu l’argent pour acheter enfin un réfrigérateur. Le marchand de glace a arrêté son activité quelques années plus tard.
    Merci pour cet article qui a ravivé ma mémoire.

  3. Après que nous ayons quitté ma ville natale en Bretagne, nous nous sommes retrouvés dans un village en Normandie (Habiter chez l’ennemi ! L’horreur !) et je me souviens des passages hebdomadaires du vitrier, du rémouleur et dès le mois de mai, arrivait le marchant de glace.
    Le bougnat passait toute l’année car certaines personnes, dont ma mère, faisaient encore la cuisine sur une cuisinière à charbon.
    Chaque semaine passait le laitier-crémier tout comme l’épicier qui passait avec sa camionnette ;un épicier qui passait deux fois par jour pour alimenter aussi les estivants.
    Il en est un que nous voyions passer régulièrement, c’était le garde-champêtre qui nous tenait au courant des décisions du conseil municipal, un garde-champêtre qui avait d’ailleurs une amourette avec les p’tits verres offerts par les gens ; pourtant, il avançait droit sur son vélo ! L’habitude sans doute …

  4. Salut Yann ,
    Comme je l’écris ci dessus , je n’ai que peu de souvenirs de ces métiers  » itinérants  » , mais il m’en reste tout de même quelques uns : Le rémouleur par exemple qui passait environ une fois par mois , s’installait sur la place du village ….Mon père allait parfois faire affuter sa hache ( il était bûcheron à l’époque )et aussi les faux et faucilles , le bougnat aussi qui passait pour savoir si nous avions besoin de charbon , si oui , il le descendait dans un  » sac » et le déversait dans la cave où mon père avait aménagé un coin pour le stocker …..Ensuite , mon père lui proposait de boire un verre de vin rouge ( il ne refusait jamais ) …Et , il acceptait d’être payé lors de son prochain passage ….Bien sur , il y avait l’épicier qui passait deux fois par semaine à domicile avec son camion ; idem il faisait crédit sans problème …..

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