C’était il y a environ….

…..552 ans !

 

Gutenberg décédait en léguant l’imprimerie à l’humanité :

   Le 3 février 1468 meurt à Mayence un certain Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg. ( né à Mayence entre 1397 et 1400.)

   L’imprimerie  a révolutionné la manière de fabriquer des livres et, en abaissant considérablement leur prix, mis la lecture à la portée de tous.

Avec Gutenberg, les hommes ont aussi découvert l’utilité de mécaniser le travail manuel.

Copistes et miniaturistes

Johann Gutenberg, gravureEn effet , au début du Moyen Âge, les livres étaient fabriqués un à un dans des monastères spécialisés ( comme on en voit dans le film de Jean-Jacques Annaud, Le nom de la Rose ).

À partir des années 1200, les monastères abandonnent cette activité à des ateliers laïcs installés près des universités.

Des  » copistes  » recopient les textes à la plume d’oie sur des feuilles de parchemin ou de papier, à partir d’un original, pendant que des enlumineurs agrémentent les pages de délicates miniatures aux couleurs vives.

Les ateliers approvisionnent ainsi à prix d’or les clercs et les bourgeois assez riches pour se payer des manuscrits.

Mais à l’époque de Gutenberg, la copie de manuscrits ne satisfait plus  les besoins des lecteur ainsi que ceux d’apprentissage des étudiants et érudits  de plus en plus nombreux en Europe ….

Un procédé  » magique  »

L’imprimerie est dérivée de la gravure sur cuivre ou sur bois, une technique connue depuis longtemps en Europe et en Chine mais seulement utilisée pour reproduire des images :
– on grave l’image sur une surface en cuivre ou en bois,
– on enduit d’encre la partie en relief,
– on presse là-dessus une feuille de papier de façon à fixer l’image sur celle-ci.

Gutenberg, graveur sur bois, a l’idée aussi simple que géniale d’appliquer le procédé ci-dessus à des caractères mobiles en plomb. Chacun représente une lettre de l’alphabet en relief.

 L’assemblage ligne à ligne de différents caractères permet de composer une page d’écriture. On peut ensuite imprimer autant d’exemplaires que l’on veut de la page, avec un faible coût  (seule coûte la composition initiale).

Quand on a imprimé une première page en un assez grand nombre d’exemplaires, on démonte le support et l’on compose une nouvelle page avec les caractères mobiles. Ainsi on obtient  un livre à de nombreux exemplaires en à peine plus de temps qu’il n’en aurait fallu pour un unique manuscrit !

Un succès immédiat

Avec son associé Johann Fust, Gutenberg fonde à Mayence un atelier de typographie. Au prix d’un énorme labeur, il achève en 1455 la Bible  »à quarante-deux lignes », dite Bible de Gutenberg. Ce premier livre imprimé à quelques dizaines d’exemplaires recueille un succès immédiat. Il sera suivi de beaucoup d’autres ouvrages.

Le procédé de typographie se diffuse à très grande vitesse dans toute l’Europe (on pourrait  comparer ce succès à celui ……d’internet).

  On estime que quinze à vingt millions de livres sont déjà imprimés avant 1500 (au total plus de 30 000 éditions). 77% de ces livres sont en latin et près de la moitié ont un caractère religieux. Les livres de cette époque portent le nom d’   »incunables   »  ( qui signifie berceau).

Beaucoup d’incunables sont imprimés à Venise, alors en pleine gloire. Au siècle suivant, le XVIe, Paris, Lyon et Anvers deviennent à leur tour de hauts lieux de l’imprimerie avec un total de 200 000 éditions.

 Les conséquences de l’imprimerie sont immenses. D’abord sur la manière de lire et d’écrire : les imprimeurs  » aèrent  » les textes en utilisant la séparation des mots et  la ponctuation ; ils fixent aussi l’orthographe.

 L’instruction et plus encore l’esprit critique se répandent à grande vitesse dans la mesure où de plus en plus de gens peuvent avoir un accès direct aux textes bibliques et antiques, sans être obligés de s’en tenir aux commentaires oraux d’une poignée d’érudits et de clercs.

 C’est ainsi qu’un demi-siècle après l’invention de l’imprimerie va se produire la première grande fracture intellectuelle dans la chrétienté occidentale avec la Réforme de Martin Luther et l’émergence du protestantisme.

booff…

Une incompréhension à l’origine du nom  » kangourou  » ? ….

Le kangourou est un animal  particulier : Plus gros marsupial du monde, capable de réaliser des bonds de plus de trois mètres ou encore se déplacer à soixante kilomètres par heure, ses prouesses physiques sont connues de tous. Mais le fait  qu’on le nomme ainsi  comporte une anecdote  peu célèbre ….

    Alors, pourquoi le kangourou s’appelle-t-il comme ça ?

 Comme chacun sait ,  le kangourou est un animal qui vit essentiellement en Australie. Or ce pays a connu une période de colonisation anglaise très intense . A la fin du XVIIIe siècle, Londres possède la plus grande flotte maritime militaire au monde et compte bien s’en servir pour étendre son pouvoir. C’est dans ce contexte que James Cook est envoyé en mission pour le compte du Roi Georges III en 1768. Deux ans plus tard, il pose le pied sur les terres de ce qui constitue aujourd’hui l’est de l’Australie et qu’il baptise la  » Nouvelle-Galles-du-Sud  ». Se lance alors une période d’installation d’une colonie anglaise dans ces lieux. Ce processus est accéléré par la perte rapide des Treize Colonies, qui se révoltent de l’autre côté du monde pour prendre leur indépendance et devenir les États-Unis d’Amérique, menées par un certain George Washington.

Affaiblie par la perte de sa plus grande colonie, la situation géopolitique et économique se trouve fragilisée et il est nécessaire pour elle de rapidement pallier à ce manque à gagner si elle veut conserver sa place de pays le plus influent du monde. Ces nouvelles terres prises par Cook semblent alors être une bonne solution de replis. 

   Comme le trajet est long et périlleux, et qu’en plus  le pays fait face à une surpopulation carcérale, les autorités  trouvent une solution : Les représentants du pouvoir font le tour des prisons et proposent un choix simple aux  » misérables  » qui s’y trouvent. Ils peuvent soit rester derrière les barreaux en Angleterre jusqu’à la fin de leur peine, soit quitter le pays, libres, en embarquant pour la nouvelle colonie et repartir à zéro dans une autre vie. Cette proposition est également faite à tous les  » nuisibles  » de la société, comme les prostituées. La seconde option est évidemment choisie par la plupart des  » nuisibles  » et les bateaux se remplissent rapidement de personnes désireuses de quitter leur vie de malheurs et l’Europe.           Les premiers d’entre eux transportent mille personnes, dont seulement deux cent dix soldats. Ils arrivent dans le courant de l’année 1788 et se mettent au travail : il faut tout construire, tout organiser, tout créer.

      Avant le  départ, des cahiers sont distribués aux premiers colons. Ceux-ci reçoivent une tâche simple, mais  importante pour les autorités anglaises : écrire tout ce qu’ils observent dans ces nouveaux territoires encore largement inconnus.     En effet, seules les terres proches de la mer sont découvertes et le reste demeure un gros point noir sur les cartes de l’époque. On ne sait pas quelle est la taille de la colonie ni par quoi elle est habitée. C’est donc dans ce but que les premiers lettrés tiennent un journal où tout ce qui se passe sous leurs yeux, même les événements les plus banaux, est mis sur papier.

     Un jour, l’un d’eux se balade et observe un étrange animal, jusque-là inconnu. Celui-ci possède deux longues pattes arrière et semble muni de deux bras minuscules. Plus incroyable encore pour le colon : la bête abrite son petit dans une poche placée sur son ventre et se déplace en sautant avec sa progéniture ! Il dessine alors ce qu’il voit et va trouver un aborigène pour lui demander ce qui est représenté sur son dessin. Le chef local, qui ne parle évidemment pas l’anglais, lui répond  » kangaroo  ». Le sujet du Roi note donc ce nom au-dessus de son croquis et reprend la mer afin de rentrer au pays et faire état de ses découvertes aux autorités restées en Europe…..Une fois arrivé à Londres, il passe en revue tout ce qu’il a pu découvrir, jusqu’à arriver à la page du fameux  » kangaroo  ». Comme cela avait été le cas pour le colon en Australie, les personnes dirigeantes en Angleterre n’en croient pas leurs yeux et il faut insister pour qu’ils finissent par accepter que cet animal existe bel et bien. Le nom est depuis passé dans la langue anglaise, mais aussi en Français, en Néerlandais, en Allemand, etc. où des variantes de ce nom définissent le marsupial. Ce que ne savaient ni le colon, ni les personnes qui ont reçu le cahier du dessin, c’est que  » kangaroo  » dans la langue aborigène , cela se traduit par  » je ne comprends pas  » !. L’animal que nous connaissons tous aujourd’hui porte donc un nom qui émane d’un malentendu et d’une incompréhension mutuelle entre un chef local et un colon britannique.