Pléonasmes courants

     Souvent , il nous ( m’a ) arrive  d’ajouter au détour d’une phrase une précision complètement inutile, au point de faire une  » redondance pléonastique  » (ou une répétition redondante, c’est selon). Et le pire, c’est que la plupart sont tellement ancrées dans le langage courant qu’on ne s’en rend même plus compte.

    Petit florilège de pléonasmes redondants qui disent deux fois la même chose en se répétant les plus courants.

1:  « Au jour d’aujourd’hui »

‘ Aujourd’hui  »  est lui-même un pléonasme.  » Hui  »  signifiant  »  en ce jour  »,  »  au jour d’aujourd’hui  »  signifie donc  »  au jour du jour de ce jour  » . Humm .. C’est un tout petit peu lourd.

2:  » Une heure de temps  »

Il est  bien de préciser, parce qu’on pourrais croire  que c’était une heure de farine, ou une heure de sable. lol 

3:  »  Un forum de discussion  »

 Un forum étant un endroit où on discute, il n’y a pas de  » forum de sieste  » ou de  »forum de méditation  ».

4:  » Repousser à une date ultérieure  »…    Parce qu’ on se  disait qu’on pouvait le repousser à maintenant, ça évitera de sortir les agendas…

5 :  » Rentrer à l’intérieur  »

 » Bon, les enfants, il fait un grand soleil, rentrez dehors pour une fois !  » lol

6:  » Monter en haut  »

 » Pareil que descendre en bas. »

7 :  » Une orthographe correcte  »

Oui, une  »  mauvaise orthographe  » n’est pas une  » ortho  » graphe.

8 :  » La marche à pied  »

Oui , ça use , on va plutôt faire une marche en voiture, j’ai la flemme.

9 :  » Prédire à l’avance  »

 Je te prédis en retard une victoire de l’Allemagne en Coupe du monde. Et j’ai le nez pour ce genre de chose. lol

10 :  » Une opportunité à saisir  »

 Une opportunité étant justement une occasion à saisir, il est clairement conseillé   de la laisser passer.

11. » Le principal protagoniste  »

  Le protagoniste étant par définition un personnage principal, il n’y a pas de second rôle chez les protagonistes ….

12 :  » Le tri sélectif  »

Parce que  » trier indifféremment  », c’est comme  » pisser dans un violon  » (en beaucoup moins marrant).

13 :  »Le taux d’alcoolémie  »

 L’alcoolémie étant un taux d’alcool dans le sang, si vous envisagez de mesurer votre  »  taux de taux d’alcool  » , ne perdez pas votre temps, vous êtes déjà  » bourré  » .

14 :  » Opposer son veto  »

 Déjà, quand on pose un veto, c’est qu’on est  opposé à ce qu’on nous propose. Opposer une opposition , c’est vraiment pour le plaisir de faire d’énerver.

15 :  » Un danger potentiel  »

 Parce que s’il n’est pas potentiel, c’est qu’il est certain (ce n’est plus vraiment un danger) ou impossible (donc encore moins dangereux.)

16:  » La panacée universelle  »

   La panacée est un remède universel. Si c’est un remède universel qui en plus est universel, on peut être sûr que l’industrie pharmaceutique nous prend pour des imbéciles.

17 :  » Vivre sa vie  »

   Ce qui est quand même bien plus sympa que vivre sa mort, ou pire, vivre la vie de quelqu’un  qu’on ne connait pas. Et puis ça permet de  » voir de ses propres yeux  » , ce qui est la moindre des choses.

18 :  » Ça s’est avéré vrai  »

  Non parce que avérer c’est déjà dire que quelque chose est vrai. Donc là c’est doubler la vérité. Et trop de vérité tue la vérité.

19 :  » Voire même  »

C’est très tentant mais arrêtons tout de suite, ce n’est pas français.

20 :  » Geler de froid  »

    Malgré le dérèglement climatique, on ne devrait pas geler de chaleur de si tôt.

 » En avoir marre  » ?

    Il est vrai que c’est  » un peu  » mon cas ces derniers jours ( mais c’est assez courant n’est ce pas ? ) . Bref , je me suis demandé d’où venait cette expression …..

avoir-marre (1)

On dit aussi :  » Trop c’est trop. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase  » etc ….

  En cherchant , je fut bien  » marri  » lol  En effet, ce ne sont pas une, ni deux hypothèses que j’ai trouvées , mais une dizaine.

Par exemple , une  de ces théories  fait remonter le mot marre au mot  » marrement  », qui signifiait chagrin du 11ème  au 13ème  siècles,  » marance  » , pour affliction, faute légère entre le 12ème  et 14ème  siècles ou encore  »marrissement  », qui s’utilisait dans le sens de déplaisir  jusqu’au 16 ème siècle …

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 De l’arabe andek,  » tu as eu  » ?
Il y a aussi , comme souvent ,l’éventualité d’un emprunt à l’arabe  » andek ‘ =   » tu as eu  », marra  » une fois  » , c’est-à-dire  »  ça suffit  », le mot marre a donc  plongé les lexicologues  dans un marasme de conjectures, très loin de la marrade…lol 

 Selon le lexicologue Alain Rey , le mot marre serait issu du terme d’argot mar, maré courant  au 19 ème  siècle. Il se serait  d’abord employé dans le sens de jeton, puis gage, gain, part due au 15 ème siècle.  » Avoir son mar  » , c’était donc  » avoir son compte  » ,  » avoir ce qu’il faut  ». Plutôt marrant, n’est-ce pas ?

   J‘ai lu aussi que le mot marre serait  issu de l’ancien verbe  » se marer  » qui signifiait s’ennuyer. Un terme qui semble avoir un  lien de parenté avec notre actuel verbe se marrer. C’est à lui que l’on devrait, par antiphrase ( =  emploi d’un mot, d’une phrase dans un sens contraire à la véritable signification, par ironie ou par plaisanterie.) , l’idée d’un  » amusement  », d’un  » rire sans retenue  ».

Allez , c’est bon là , j’arrête mes débilités et monte me coucher …..

 

Drapeau blanc = paix ?

   

 

    drapeau paixSymbole de  la reddition dans l’inconscient populaire, le drapeau blanc est également un symbole de paix. Si sa signification nous semble aujourd’hui évidente, cet étendard a connu une histoire originale dont certaines coïncidences l’ont amené à tenir un rôle unique et relativement important dans les relations internationales.

Des bandelettes au drapeau blanc :

  Il semblerait que la signification pacifique du drapeau blanc remonte à l’Antiquité.

 

   En effet, selon l’historien latin Tacite, l’étendard blanc serait apparu au cours de la guerre civile romaine (opposant les partisans de l’empereur Vitellius à ceux de Vespasien), en l’an 69 après J.C 

  Alors qu’il était de coutume dans le monde antique de brandir haut son bouclier pour signifier sa reddition, les légionnaires de Vitellius n’ont eu, en effet, d’autre choix que d’arborer leurs bandes molletières blanches à la face de leurs adversaires.

   Ainsi, ces soldats romains ( qui avaient abandonné leur équipement lors de leur retraite à Crémone  ) venaient de créer, sans le vouloir, un nouveau code dans le langage de la guerre.

   De cet événement fondateur, le blanc pouvait donc poursuivre sa voie sur » le chemin de la paix   » .

   Bien des siècles plus tard, le blanc ( associé à la pureté )  servait de sauf-conduit aux voyageurs du Moyen Âge qui attachaient une étoffe de cette couleur à leur habit, quand ils se rendaient en territoire étranger.

    Cependant , ce n’est véritablement qu’ à la Renaissance que l’étendard blanc est adopté , par les puissances européennes , comme un code visuel pour arrêter les combats.

   En effet, alors que la multiplication des armes à feu rendaient difficiles les sonneries de trompettes et l’appel de tambour (qui servaient usuellement à signifier l’intention de parlementer), le drapeau blanc avait pour avantage de se distinguer de la plupart des bannières (à l’exception notable de celle du roi de France), tout en étant facilement utilisable par n’importe quel belligérant (un simple linge pouvait faire l’affaire).

Un symbole devenu universel :

   Dès lors perçu comme le  » signe qu’on demande à parlementer  » (selon les termes employés dans  »Le Droit de la guerre et de la paix » publié en 1625, par Huig de Groot dit Grotius), le drapeau blanc passe progressivement du droit  » coutumier  » au droit  » conventionnel  » de la guerre ) .

    La  » chamade »  (  » chamade  » = Origine : Le mot ‘chamade’ vient du piémontais  »ciamada », qui signifiait « clameur, appel ». La chamade est un roulement de tambour ou une sonnerie de trompette qui était utilisée au cours des batailles ou des sièges pour indiquer qu’on souhaitait se rendre ou qu’on demandait une trêve pour ramasser ses morts.)  et le  »drapeau blanc  » sont décrits comme des demandes de capitulation dans le  »Traité du droit naturel » (1777) par Béat-Philippe Vicat.

   Finalement, le statut particulier de cet étendard est reconnu officiellement par la Conférence Internationale de la Paix (qui siégeait à La Haye, en 1899).

   Depuis cette date, toute personne brandissant un drapeau blanc est considérée comme étant inviolable et neutre dans la guerre qui l’afflige.

    Ce fut ne avancée importante vers la protection des civils et la résolution pacifique des conflits.