» Pour des prunes  »

prunes jpg   Tout à l’heure , dans l’après-midi , je suis allé au bureau de tabac pour acheter mes cigarettes , mais j’ai trouvé  » portes closes  » , du coup , quand Manu m’a téléphoné  pour prendre de mes nouvelles ( et des nouvelles de ma mère ) , je lui ai répondu qu’il n’y avait  » rien de neuf  » , sauf que j’étais allé au bureau de tabac  » pour des prunes  » ( une heure après il était là avec deux paquets de clops ) => Je me suis demandé d’où venait cette expression …..Et………..

 

Il y a déjà longtemps que la prune ne désigne pas que le fruit.
En moyen français, depuis le XIIIe siècle, une  » prune » pouvait aussi être :
– Un coup (« il s’est pris une prune, un pruneau ») ;
– De la chance (une bonne aubaine) ou de la malchance (un coup du sort), selon le cas     
 – Quelque chose sans aucune valeur (« ne pas valoir prune » voulait dire « ne rien valoir » et « ne preisier/prisier une prune », c’était « n’avoir aucune estime pour quelqu’un »).

  C’est probablement  de cette dernière signification que l’expression est née au début du XVIe siècle,
Mais pourquoi une prune ne valait-elle déjà rien ?
  Pour le savoir , il faut  remonter jusqu’aux premières croisades , au XIIe siècle.
En effet,j’ai lu  une histoire qui raconte que, de la seconde croisade ,qui fut un échec, les Croisés,vers 1150, ramenèrent des pieds de pruniers de Damas dont ils avaient pu se régaler des fruits sur place.
   Il est  alors possible  imaginer (mais là: Peut-être dans une légende) que, alors qu’ils faisaient au roi le compte-rendu de leur expédition, celui-ci très en colère se serait écrié : « Ne me dites pas que vous êtes allés là-bas uniquement pour des prunes ! », sous-entendant « pour rien ».
   L’entourage du roi puis le peuple aurait alors diffusé dans le pays ce sens très particulier de la  »prune ».

Exemple :

 » Si j’ai fait mettre le téléphone dans toutes les pièces, ce n’est quand même pas pour des prunes  »
Georges Duhamel ?