Le livre de poche ….création….

 

  Le 9 février 1953 ( environ 67 ans )  , le livre de poche était créé :

      Début 1950 ,l’éditeur Henri Filipacchi pense à adapter les techniques d’impression des  » romans de gare  » aux plus grands auteurs ….Le 9 février 1953 , le premier livre est édité :  » Koesnigsmark  »Résultat d’images pour henri filipacchide Pierre Benoit …..Il est vendu deux francs ! Au début , les  » puristes  » critiquent fortement le livre de poche , mais celui ci  entre très vite dans les  » mœurs  » avec plus d’un milliard d’exemplaires vendus depuis  sa création .Robinson livre( exemple de livre de poche )

 

 

C’était il y a environ…..

Pffff ! Qu’allais je faire dans cette galère lol : Finalement , j’avais mis un billet  » convenable  » , puis : Un  » bug  » => plus rien ! Alors …..Je laisse ce  » fouillis  »

 

 

 

503 ans : En février 1517
   Le port du Havre, en Haute Normandie, fut certainement  le premier port national d’Etat créé de toutes pièces, autant dans une perspective militaire et politique que commerciale et économique. On l’appela d’abord  » Francisco polis  » ou Ville Françoise, en hommage à François Ier, qui prit l’initiative de bâtir à cet endroit un établissement maritime.   Mais ce fut une antique chapelle de Notre-Dame de Grâce, située près de là, qui fit prévaloir le nom de  » Havre de Grâce  ».Depuis, l’emblème du roi François Ier (1494-1547)François 1er , la Salamandre, orne toujours le blason du port maritime de Haute Normandie.
 Pourquoi un nouveau port ?

        A la fin du Moyen-Age, Rouen était nettement  la capitale économique de la Normandie, particulièrement pour les activités maritimes. Mais la navigation sur la Seine était alors longue, difficile et périlleuse et ne permettait pas aux navires de plus de 180 tonneaux de remonter le fleuve.
        En plus , les Rouen, Harfleur ou Honfleur étaient inadaptés face à l’augmentation du trafic maritime et au tonnage des navires marchands.
Une solution devait être cherchée. Qui allait prendre les initiatives ?
        Deux démarches parallèles, légèrement décalées dans le temps, allaient être à l’origine de la naissance du port du Havre : le pouvoir royal et les marchands.

Les marchands:
De leur côté, justement, les marchands rouennais, sur le plan strictement économique, avaient fait la même analyse. Ils ne pouvaient que se tourner vers le roi, ce qu’ils firent par l’intermédiaire des états de Normandie, réunis le 9 mai 1515. On ne réclamait pas à proprement parler la création d’un nouvel établissement, mais l’aménagement de Harfleur et de Honfleur.

  Ce fut pour le roi l’occasion de faire d’une pierre deux coups : créer un port qui soit bien à lui, tout en faisant plaisir à ses sujets rouennais.

Le Roi :

Louis XI  puis Louis XII  firent explorer la région en vue d’établir des fortifications, mais aucune réalisation concrète ne s’ensuivit.

  C’est François Ier (1494-1547) qui prit réellement les « choses en mains », motivé par des préoccupations d’ordre militaire, politique et économique :
  Apporter son soutien militaire à Jacques V d’Écosse contre le roi d’Angleterre Henri VIII, ce qui nécessitait l’emploi d’une armée de mer et donc un port pour la rassembler.
   S’assurer une prépondérance politique et économique en Europe en maîtrisant les débouchés sur l’Atlantique.

 

 

 

    C’est ainsi que le 7 février 1517, François 1er   »donna commission  » à Bonnivet, Amiral de France, de trouver un « havre », un abri pour les navires, tant de guerre que de commerce.

Les travaux : l’aménagement du site et la construction du port
   Le texte du 7 février donnait possibilité à Bonnivet de   »commettre » quelqu’un en son absence. Aussi, dès le 12 février, transmettait-il sa commission à Guyon le Roy en en reprenant les termes. Dès le 22, ce dernier écrit à M. de Blosseville, capitaine des côtes de Normandie, lui demandant d’appeler les maîtres maçons et autres ouvriers de Normandie à  » l’adjudication des travaux  ».

    Avant çà , le 2 mars, cinq à six cents personnes, officiers de justice et de l’administration, maîtres maçons, capitaines de navires, habitants de Harfleur et  » autres plusieurs personnages à ce  » congnoissans  » (= qui s’y connaissaient ), se rendirent sur le terrain pour donner leur avis sur  » le lieu le plus propre, utile et convenable et plus parfait « .

   Le 3 mars, il fut  procédé à l’adjudication des travaux  » au rabais  ». Jehan Gaulvyn, de Harfleur, et Michel Feré, de Honfleur, tous deux  » maistres du mestier de machonnerie  » furent déclarés adjudicataires.

  Les travaux, prévus pour être finis à la fin d’octobre, furent bien loin d’être exécutés dans le délai porté au marché, et ce pour plusieurs raisons :
   Le mauvais état du sol nécessitait de creuser beaucoup plus profondément pour trouver un sol stable. Il fallut donc employer un très grand nombre de pieux pour soutenir les ouvrages de maçonnerie
   Le climat et les conditions de travail rendirent illusoire la corvée prévue par la commission du 7 février ; il fallut donc aller chercher, et de plus en plus loin, des pionniers et les payer.
  Enfin, lors des tempêtes, il était impossible aux ouvriers de travailler.

  Cependant, une lettre prouverait qu’à partir d’octobre 1518 le port pouvait être utilisé.

Un port de pêche :

  En janvier 1544,  » la Catherine  » quitte le port pour partir à la pêche de la morue vers Terre-Neuve et devient ainsi le premier  »Terre-neuvier  » de l’histoire. Au XVII siècle, Le Havre est l’un des premiers ports français pour la morue verte et le plus grand port morutier de Normandie avec 92 navires armés pour Terre-Neuve en 1620.

   En 1653 débute la pêche de la baleine, pêche abandonnée dès la fin du XVII ème siècle : pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg la flotte anglaise occupe la Manche, mettant pratiquement fin à toute activité du port. Elle ne reprendra qu’au 19 ème siècle au cours duquel Le Havre deviendra le premier port français pour la pêche de la baleine. Le Havre-de-Grâce, avant de devenir un grand port de commerce, a été d’abord  un port de pêche.

Une base de départ des aventuriers :

    En juin 1523, Giovanni da Verrazano part du Havre à bord de  » la Dauphine  »  pour les Indes Occidentales et découvre le site de New York qu’il nomme  » Nouvelle Angoulême  » en hommage à François 1er le commanditaire de l’expédition.

   Le 12 juillet 1555, une expédition de 600 hommes dirigée par Villegagnon part du Havre pour fonder une colonie protestante au Brésil (Fort-Coligny).       Aujourd’hui encore, une  » place des cannibales  »  ?? rappelle ces liens anciens avec le Nouveau Monde. D’autres convois de huguenots embarquent au Havre pour l’Amérique.

  En février 1562, une expédition quitte le port du Havre en direction de la Floride. Elle est dirigée par Jean Ribault et René de Laudonnière, avec 150 hommes, en majorité des protestants.

  À la fin du XVI ème  siècle, le trafic avec le Nouveau Monde prend son essor et Le Havre voit arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et du tabac. Une des principaux acteurs de ce trafic est un Havrais explorateur et cartographe, Guillaume Le Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom. D’autres figures de la Course et de l’exploration de l’Amérique passèrent par Le Havre : le capitaine Guillaume de Champaigne (années 1550-1580), le Normand Pierre Belain d’Esnambuc (1585-1637) qui prit possession de l’île antillaise de Saint-Christophe en 1626. Jacques Devaux est né au Havre ; il fut pilote et cartographe et en 1579 il explora la région de l’Amazone et fit des relevés des côtes américaines de 1585 à 1587.

Travaux pour une ville moderne :

   Façade principale de sa construction (aboutissant en 1638), jusqu’au 19ème siècle.

  En 1525, une tempête provoque la mort d’une centaine de personnes, la destruction de 28 bateaux de pêche et de la chapelle Notre-Dame. En 1532, la ville qui s’est développée autour du port baptisée « Françoise de Grâce », en l’honneur de François 1er. En 1536, le père de Guillaume de Marseille procède à la reconstruction, en bois avec un toit de chaume, de la chapelle Notre-Dame, à laquelle est ajointe une tour (qui existe toujours) dotée d’une flèche gothique en 1540; la chapelle suivait un axe nord-sud, et son portail nord, en mauvais état, constitue encore l’entrée de la tour de la cathédrale actuelle.

   En 1541, François Ier confie le projet d’urbanisme et de fortification à l’architecte italien Girolamo Bellarmato. Celui-ci a les pleins pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes précises complètement inspirées du style renaissance (plan orthogonal, hauteur des maisons limitée).    En 1551 débutent les travaux de l’église de la paroisse de Saint-François ; ( on attribue les plans originaux à l’architecte précédent, mais aucun document ne l’atteste ).

   François Ier construit le premier établissement hospitalier : l’hôtel Dieu, qui fonctionne de 1556 à 1591. Celui-ci est suivi de la création d’un second hôpital en 1591 à proximité du bassin du roi. Il avait pour mission d’héberger les indigents et les contagieux. L’emplacement est revendu à l’arsenal en 1669. Valentin de Pardieu, gouverneur de Gravelines, fait construire, en 1598, un fort entre Gravelines et Le Havre et fait entrer des troupes espagnoles dans la région. Une rue du Havre porte le nom  » De Pardieu  ».

çà s’est passé un 4 février ….

Il y a 120 ans ! …Le 4 /2/1900

A Neuilly-sur – Seine  naissait Monsieur Jacques Prévert Prevert.

Poète il nous a laissé des vers inoubliable (  » le cancre  » ,  » Les enfants qui s’aiment  » etc…..) . Scénariste aussi qui ne se souvient pas de  » Quai des Brumes  » ,  » Les enfants du Paradis  »……

Sans oublier de la chanson (  » les feuilles mortes  » entre autres  ) .

Libertaire et anticlérical ( ce qui ne peut que me plaire lol ) , il est mort le 11 avril 1977 à l’âge de 77 ans environ …….

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Quelques unes de ses poésies :

  L’enfance

dans le lointain de la jeunesse

l’adolescent la méprise et ne veut pas l’entendre

ce n’est plus moi dit-il

c’est un petit qui ne sait pas ce qu’il dit

mais le petit dit ce qu’il sait

même et surtout quand il se tait

L’adolescent grandit il n’a pas étouffé tous les cris
Il n’a effacé ni les rires ni les larmes…

Les éducateurs veulent le jeter dans le grand pareil au même il ne veut pas penser au pas il ne veut pas rêver à la baguette…

il veut l’enfance.

Le cancre : (vidéo )

Les enfants qui s’aiment :

Les enfants qui s’aiment
S’embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent
Les désignent du doigt
Mais les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne
Et c’est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

 

Les feuilles mortes:

Oh!
Je voudrais tant que tu te souviennes

des jours heureux où nous étions amis

En ce temps-là la vie était plus belle

et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Tu vois je n’ai pas oublié

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

les souvenirs et les regrets aussi

et le vent du nord les emporte

dans la nuit froide de l’oubli

Tu vois je n’ai pas oublié

la chanson que tu me chantais

C’est une chanson qui nous ressemble

Toi tu m’aimais

et je t’aimais

Et nous vivions tous deux ensemble

toi qui m’aimais

et que j’aimais

Mais la vie sépare ceux qui s’aiment

tout doucement

sans faire de bruit

et la mer efface sur le sable

les pas des amants désunis

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

les souvenirs et les regrets aussi

Mais mon amour silencieux et fidèle

sourit toujours et remercie la vie

Je t’aimais tant tu étais si jolie

Comment veux-tu que je t’oublie

En ce temps-là la vie était plus belle

et le soleil plus brûlant qu’ aujourd’hui

Tu étais ma plus douce amie…

Mais je n’ai que faire des regrets

Et la chanson que tu chantais

toujours toujours je l’entendrai

C’est une chanson qui nous ressemble
Toi tu m’aimais et je t’aimais

Et nous vivions tous deux ensemble toi qui m’aimais que j’aimais

lais la vie sépare ceux qui s’aiment

tout doucement

sans faire de bruit

et la mer efface sur le sable

les pas des amants désunis.

etc……( beaucoup ont été mis en musique ) :

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‘ les enfants du paradis  » extraits vidéo 

 

C’était il y a environ….

…..552 ans !

 

Gutenberg décédait en léguant l’imprimerie à l’humanité :

   Le 3 février 1468 meurt à Mayence un certain Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg. ( né à Mayence entre 1397 et 1400.)

   L’imprimerie  a révolutionné la manière de fabriquer des livres et, en abaissant considérablement leur prix, mis la lecture à la portée de tous.

Avec Gutenberg, les hommes ont aussi découvert l’utilité de mécaniser le travail manuel.

Copistes et miniaturistes

Johann Gutenberg, gravureEn effet , au début du Moyen Âge, les livres étaient fabriqués un à un dans des monastères spécialisés ( comme on en voit dans le film de Jean-Jacques Annaud, Le nom de la Rose ).

À partir des années 1200, les monastères abandonnent cette activité à des ateliers laïcs installés près des universités.

Des  » copistes  » recopient les textes à la plume d’oie sur des feuilles de parchemin ou de papier, à partir d’un original, pendant que des enlumineurs agrémentent les pages de délicates miniatures aux couleurs vives.

Les ateliers approvisionnent ainsi à prix d’or les clercs et les bourgeois assez riches pour se payer des manuscrits.

Mais à l’époque de Gutenberg, la copie de manuscrits ne satisfait plus  les besoins des lecteur ainsi que ceux d’apprentissage des étudiants et érudits  de plus en plus nombreux en Europe ….

Un procédé  » magique  »

L’imprimerie est dérivée de la gravure sur cuivre ou sur bois, une technique connue depuis longtemps en Europe et en Chine mais seulement utilisée pour reproduire des images :
– on grave l’image sur une surface en cuivre ou en bois,
– on enduit d’encre la partie en relief,
– on presse là-dessus une feuille de papier de façon à fixer l’image sur celle-ci.

Gutenberg, graveur sur bois, a l’idée aussi simple que géniale d’appliquer le procédé ci-dessus à des caractères mobiles en plomb. Chacun représente une lettre de l’alphabet en relief.

 L’assemblage ligne à ligne de différents caractères permet de composer une page d’écriture. On peut ensuite imprimer autant d’exemplaires que l’on veut de la page, avec un faible coût  (seule coûte la composition initiale).

Quand on a imprimé une première page en un assez grand nombre d’exemplaires, on démonte le support et l’on compose une nouvelle page avec les caractères mobiles. Ainsi on obtient  un livre à de nombreux exemplaires en à peine plus de temps qu’il n’en aurait fallu pour un unique manuscrit !

Un succès immédiat

Avec son associé Johann Fust, Gutenberg fonde à Mayence un atelier de typographie. Au prix d’un énorme labeur, il achève en 1455 la Bible  »à quarante-deux lignes », dite Bible de Gutenberg. Ce premier livre imprimé à quelques dizaines d’exemplaires recueille un succès immédiat. Il sera suivi de beaucoup d’autres ouvrages.

Le procédé de typographie se diffuse à très grande vitesse dans toute l’Europe (on pourrait  comparer ce succès à celui ……d’internet).

  On estime que quinze à vingt millions de livres sont déjà imprimés avant 1500 (au total plus de 30 000 éditions). 77% de ces livres sont en latin et près de la moitié ont un caractère religieux. Les livres de cette époque portent le nom d’   »incunables   »  ( qui signifie berceau).

Beaucoup d’incunables sont imprimés à Venise, alors en pleine gloire. Au siècle suivant, le XVIe, Paris, Lyon et Anvers deviennent à leur tour de hauts lieux de l’imprimerie avec un total de 200 000 éditions.

 Les conséquences de l’imprimerie sont immenses. D’abord sur la manière de lire et d’écrire : les imprimeurs  » aèrent  » les textes en utilisant la séparation des mots et  la ponctuation ; ils fixent aussi l’orthographe.

 L’instruction et plus encore l’esprit critique se répandent à grande vitesse dans la mesure où de plus en plus de gens peuvent avoir un accès direct aux textes bibliques et antiques, sans être obligés de s’en tenir aux commentaires oraux d’une poignée d’érudits et de clercs.

 C’est ainsi qu’un demi-siècle après l’invention de l’imprimerie va se produire la première grande fracture intellectuelle dans la chrétienté occidentale avec la Réforme de Martin Luther et l’émergence du protestantisme.

çà s’est passé il y a environ ….

385 ans :

   Le 29 janvier 1635, le cardinal de Richelieu signe les lettres patentes qui fondent l’Académie française.

    Son nom vient du jardin Akademos, à Athènes, où Platon enseignait la philosophie. Sous la Renaissance, on a pris l’habitude d’appeler ainsi les sociétés savantes où on discutait de belles lettres et de sciences.

    L’Académie française est issue d’un petit groupe d’érudits qui se réunissaient chaque semaine chez l’un d’eux, Valentin Conrart, secrétaire du roi Louis XIII.

     L’habile cardinal de Richelieu a l’idée de s’attacher ces gens de lettres et de les mettre au service de l’État et de la monarchie. Il invite les érudits à se constituer en corps officiel et leur accorde sa protection.

   La nouvelle Académie se consacre à la langue française :

   L’article 24 de ses statuts énonce :  »La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et la science… »

   Valentin Conrart, premier secrétaire perpétuel de l’Académie,  »avalise  » la pratique des réunions hebdomadaires destinées à la rédaction d’un Dictionnaire de la langue française.

  En 1638, Richelieu, dans le but  de faire taire les railleries autour de la jeune Académie, l’engage à donner son sentiment sur la tragédie du  »Cid », qu’a donnée Corneille un an plus tôt. C’est l’unique fois où l’Académie s’érige en arbitre littéraire.

Des traditions solides… et dépassées

  L’Académie française et les autres académies royales sont supprimées par la Convention révolutionnaire en 1795 et remplacées par un Institut national des sciences et des arts.

   Le Premier consul Napoléon Bonaparte puis Louis XVIII et Louis-Philippe ont rétabli l’Académie française dans sa plénitude. Cinq académies figurent aujourd’hui dans l’Institut de France.

   L’Institut siège depuis 1805 sous la fameuse Coupole du collège des Quatre-Nations, érigé par Louis Le Vau sur les bords de la Seine. Les académiciens sont admis par leurs pairs et demeurent en fonction jusqu’à leur mort.

  L’Académie a une activité de pure forme et son travail sur le fameux Dictionnaire suscite le sourire. Certains s’interrogent sur l’opportunité de lui donner plus d’initiative dans la promotion de la langue française.

   La moindre des choses serait que les nouveaux élus aient un statut actif pendant quelques années durant lesquelles ils pourraient travailler et faire des propositions. Au terme de ce mandat, ils seraient invités à se cantonner dans un rôle honorifique et laisseraient le travail à de plus jeunes.

C’était il y a environ ….

172 ans :

 

   Le 24 janvier 1848, en Californie, un charpentier du nom de James Marshall découvre des pépites d’or mélangées à des cailloux alors qu’il travaille à la réparation d’un moulin à eau. 

   Sa trouvaille va causer la ruine de son patron ? mais aussi déclencher une guerre, susciter la première  » ruée vers l’or  » du continent nord-américain, accélérer le peuplement de l’Ouest américain et bouleverser l’économie mondiale

 

Un Suisse tranquille

Johann Augustus Sutter (Kandern, Suisse, 15 février 1803 ; Washington, 17 juin 1880)Son patron, Johann Augustus Sutter, un Suisse né en 1803 dans le duché de Bade, a connu des fortunes diverses. Employé dans une usine de sel jusqu’à la faillite de celle-ci, il quitte l’Europe et s’établit aux États-Unis, abandonnant sa femme et ses cinq enfants !

  Il obtient une concession de 900 km2 dans la vallée du Sacramento, non loin de San Francisco, l’appelle  » Nouvelle Helvétie  » et y bâtit un fortin, Sutter’s Fort, pour se protéger des Indiens. Le sort commence à lui sourire lorsque survient la découverte de Marshall…

Une guerre  » opportune  »

   Sutter rédige une lettre dans son fort quand son ouvrier, hors d’haleine, lui amène le fruit de sa découverte : quelques grains de métal jaunâtre dans un chiffon. Il ouvre une encyclopédie à la lettre G (comme Gold, Or), teste les échantillons et conclut enfin :  » De l’or !  »

   Instantanément, le bruit se répand dans la région et les prospecteurs affluent tant et si vite que la propriété de Sutter est ravagée et lui-même ruiné. Il mourra en 1880 avec tout juste une pension de l’État de Californie. C’est la première victime de la ruée vers l’or !

   La Californie, à cette époque, compte à peine 15 000 blancs. Elle fait encore partie du Mexique, lequel est devenu indépendant en 1821 au terme d’une longue lutte de libération émaillée par les aventures légendaires de Zorro   lol , héros californien.

  En février 1848, soit un mois après la découverte de l’or, le Mexique est contraint, au terme d’une guerre rapide autant qu’inique, de signer avec les États-Unis le traité de Guadalupe Hidalgo par lequel il cède à son puissant voisin la Californie ainsi que tous les territoires situés au nord du Rio Grande, en échange de seulement 15 millions de dollars.

   Et dès le mois suivant, l’   » American Journal of Science  » publie une lettre selon laquelle  » de l’or a été découvert dans la rivière Sacramento… et tout laisse prévoir qu’il s’agit de quantités importantes  ».

Ruée vers l’or

 En décembre 1848, le président américain James K. Polk confirme très officiellement la présence d’or en Californie. La découverte entraîne une ruée du monde entier. Beaucoup d’aventuriers et de colons du Middle West traversent le continent américain dans les chariots à bâche popularisés par les westerns.

Les prospecteurs d’Europe contournent l’Amérique en bateau par le sud, en franchissant le cap Horn ; c’est la voie la moins chère… mais aussi la plus longue. Les notables, militaires et fonctionnaires préfèrent quant à eux la route de Panamá, en dépit de l’obligation de traverser l’isthme en voiture ou à cheval. Les difficultés de liaison vont  » relancer  » l’idée de relier par un canal l’Atlantique et la Pacifique…

Et les Français dans tout ça ?

    Environ 30 000 Français participent à la ruée vers l’or. On les surnomme « Keskidees » (déformation de « Qu’est-ce qu’ils disent ? ») en raison de leur difficulté à comprendre la langue anglaise. Parmi eux des ouvriers au chômage, des nobles ruinés et d’anciens révolutionnaires des journées de Février et Juin 1848. Le gouvernement français organise même une loterie au bénéfice de 5 000 misérables dont il est trop heureux de débarrasser le pays !

   La Californie étant encore dépourvue d’administration, les terrains et l’or qu’ils recèlent appartiennent au premier arrivant. Des villes généralement éphémères se multiplient dans la vallée du Sacramento. Les prospecteurs ne tardent pas à déchanter quand ils découvrent les conditions très éprouvantes de leur travail : de longues journées de labeur en plein soleil pour trouver quelques pépites. Bien peu s’enrichissent. Les seuls qui tirent profit de la ruée vers l’or sont les tenanciers de lupanars et de casinos ainsi que les camelots.

   Les tonnages qui sortent de terre n’en sont pas moins conséquents : pas moins de 752 tonnes dans les neuf premières années, soit presque autant qu’au Brésil pendant tout le XVIIIe siècle.

Le mythe californien :

   À la fin de l’année 1848, on compte environ 4 000 orpailleurs dans les divers sites de prospection californiens et le territoire compte déjà 90 000 habitants. Les Mexicains et les Indiens, respectivement au nombre de 20 000 et 10 000, se retrouvent en minorité. L’année suivante, le nombre des orpailleurs se monte à 40 000 ; en 1850, ils sont 60 000 et en 1860 plus de 100 000.

   La Californie devient dès 1849 un État de plein droit au sein des États-Unis d’Amérique. Dès 1851, elle frappe fièrement ses propres monnaies.

        Aujourd’hui, l’or de Sutter est épuisé, mais la Californie continue de séduire tous les audacieux du monde entier. Berceau de l’électronique, elle produit plus de richesses que n’en ont jamais découvertes les anciens orpailleurs.

Triomphe de l’étalon or

La découverte de l’or en Californie est précédée d’autres découvertes en Sibérie et suivie de nouvelles dans le désert du Nevada, en Australie ainsi qu’en Afrique australe, enfin sur les bords de la rivière Klondike, à la frontière entre le Canada et l’ Alaska (29 ans après l’achat de ce territoire par les États-Unis à la Russie).

   Au cours du XIXe siècle, la planète aura ainsi produit plus de 12 000 tonnes d’or, soit 6 fois plus qu’au XVIIIe siècle, 12 fois plus qu’au XVIIe et… 13 fois plus qu’au XVIe siècle en dépit de la découverte du Nouveau Monde …………

   Cette abondance d’or entraîne l’éviction progressive du  » bimétallisme  » or-argent dans les échanges monétaires et porte un coup très dur à la tentative d’Union monétaire lancée par Napoléon III sous le nom d’ Union latine.

   Ainsi, en 1871, lorsque l’empire d’Allemagne crée le mark, sa nouvelle monnaie, il la gage exclusivement sur ses réserves d’or.

Bouteille de Bénédictine restée plus d’un siècle au fond de la mer : dégustation à Fécamp…..

   Il y a environ un an

reclame-benedictine

    Une bouteille de Bénédictine découverte dans une épave de 1917 dans la mer Baltique, a été ouverte au Palais Bénédictine de Fécamp (Seine-Maritime), le mardi 14 janvier 2019

     Un moment exceptionnel a eu lieu, le mardi 14 janvier, au Palais Bénédictine de Fécamp. Une bouteille de Bénédictine, restée 102 ans dans les profondeurs de la mer Baltique a été ouverte. L’opération délicate a été effectuée par Eric Tourain, œnologue et spécialiste de l’élaboration des liquides pour le groupe Bacardi Martini France, propriétaire de la société Bénédictine.  » C’est beaucoup d’émotion et d’excitation  » , explique-t-il.

    Les salariés de Bénédictine ont aussi participé à cette dégustation historique. Cette liqueur digestive est connue pour ses arômes d’épices et d’agrumes. La première gorgée de cette bouteille centenaire a tenu ses promesses et a surpris les palais : elle a révélée des arômes de café et de cacao.

   Concernant la vente de ces bouteilles, rien n’a été décidé. Elles seront probablement mises aux enchères. Ces bouteilles se retrouveront sans doute à Londres, Hong-Kong ou New-York.

Une découverte insolite :
    En octobre 2019, une équipe de plongeurs du groupe Océan X découvre en mer Baltique des centaines de bouteilles dans l’épave d’un navire coulé par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale. Le trésor comptait quelques centaines de bouteilles de cognac mais aussi de Bénédictine, boisson alcoolisée fabriquée à Fécamp en Seine-Maritime.

 

   L’équipe  » Océan X  », basée en Suède, se décrit comme des chasseurs de trésors et des opérateurs de récupération spécialisés dans la recherche sous-marine de  » boissons alcoolisées anciennes haut de gamme et d’artefacts historiques  ».

La légende de la Bénédictine
   Selon la légende, la Bénédictine tient sa recette d’un élixir de santé élaboré par un moine vénitien, chimiste et herboriste, Dom Bernardo Vincelli à l’abbaye de Fécamp en 1510. Il aurait distillé plusieurs dizaines de plantes médicinales et aromatiques qu’il aurait trouvé sur le plateau cauchois.

    La réputation de la liqueur aurait alors dépassé les frontières normandes, le breuvage serait même devenu l’un des préférés du roi François Ier. Les moines bénédictins de Fécamp auraient continué à le distiller même après la mort de Dom Bernardo Vincelli, et ce, jusqu’à la Révolution française.

   La recette initiale renaquît en 1863 grâce à Alexandre Le Grand (1830-1898), négociant en vin de Fécamp. Il mettra un an à la remettre au point. Il la nomme liqueur Bénédictine, en hommage aux moines bénédictins. Historiquement, il n’existe aucune trace monastique de l’existence d’un moine prénommé Bernardo Vincelli, ni du fait que François Ier ait apprécié un élixir provenant de l’abbaye de Fécamp. !

Un Palais pour distiller
     En 1888, Alexandre Le Grand fait appel à Camille Albert, émule de Viollet-Le-Duc spécialiste de l’art gothique, pour construire un somptueux Palais afin d’offrir un écrin prestigieux à la distillerie de la liqueur (toujours en fonctionnement de nos jours) et à sa collection d’œuvres d’art.

    La distillerie va rapidement devenir une petite industrie car le succès immédiat de la Bénédictine, dont la production atteint près de 150 000 bouteilles par an, dès 1873, oblige son créateur à lutter contre les contrefaçons de son produit. Le nom Bénédictine est déposé dès 1875. En 1969, l’entreprise rachète GET Frères, produisant la liqueur Peppermint Get, qu’elle renomme Get 27. En 1986, le groupe Martini & Rossi prend le contrôle de Bénédictine-Get.

La dégustation : (vidéo )

C’était il y a environ …..

220 ans
17 janvier 1800 :
   Arrêté relatif à la limitation et à l’interdiction de la presse antigouvernementale
   Limitant à treize le nombre des journaux quotidiens et soumettant ceux qu’il conserve au bon plaisir du ministre de la police, l’arrêté du Consulat menace d’une suppression immédiate tous les journaux qui publieraient des invectives contre les gouvernements et les nations amis ou alliés de la république, un des premiers pas dans l’art funeste d’établir l’arbitraire avec des lois

La déclaration des droits de 1791 et la Constitution de 1793 reconnaissaient de la manière la plus énergique la liberté de la presse comme un droit naturel ; mais, tout en l’accordant, on la réglementait (lois du 6 octobre 1791, des 20-21 juillet 1792, du 18 août 1792 et du 29 mars 1793 notamment).

Bientôt, ces premiers essais de réglementation se développent. Sous le régime du Directoire (1795-1799), la loi du 27 germinal an IV (16 avril 1796) punit de mort la provocation à la dissolution du gouvernement, au rétablissement de la royauté, au meurtre et au pillage ; et le lendemain une seconde loi détermine les mesures répressives et exige pour la première fois la signature des auteurs.

 L’an V, le 19 fructidor (5 septembre 1797), une loi « relative à des mesures de salut public » met les journaux pendant un an sous l’inspection de la police, qui pourra les prohiber ; le 9 vendémiaire an VI (30 septembre 1797), la loi de finances assujettit au timbre les journaux autres que ceux qui s’occupent de sciences et d’arts.

La Moniteur, et son garçon de bureau. Détail d'une illustration satirique relative à la presse et parue dans La Caricature morale, politique et littéraire du 26 septembre 1833 sous le titre de Les f(eu)illes publiques et leurs souteneurs

‘ La  »  Moniteur, et son garçon de bureau. Détail d’une illustration satirique relative
à la presse et parue dans La Caricature morale, politique et littéraire du 26 septembre 1833
sous le titre de Les feuilles publiques et leurs souteneurs

 Le gouvernement consulaire ( le Consulat succéda au Directoire lors du Coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) avec Bonaparte comme Premier Consul, trouva tout un arsenal de dispositions restrictives ; il réussit à en ajouter de plus rigoureuses. Ainsi de l’arrêté du 27 nivôse an VIII (17 janvier 1800) :

    » Art. 1er. Le ministre de la police ne laissera, pendant toute la durée de la guerre, imprimer, publier et distribuer que les journaux suivants :

 » Le Moniteur universel  »  , le Journal des débats et des décrets , le Journal de Paris , le Bien-informé , le Publiciste , l’Ami des lois , la Clef du cabinet , le Citoyen français , la Gazette de France , le Journal des hommes libres , le Journal du soir par les frères Chaigneau , le Journal des défenseurs de la patrie , la Décade philosophique, »

 Et les journaux s’occupant exclusivement des sciences, arts, littérature, commerce, annonces et avis.

« Art. 2. Le ministre de la police générale fera incessamment un rapport sur tous les journaux qui s’impriment dans les autres départements.

« Art. 3. Le ministre de la police veillera à ce qu’il ne s’imprime aucun nouveau journal, tant dans le département de la Seine que dans les autres départements de la république.

« Art. 4. Les propriétaires et rédacteurs des journaux conservés par le présent arrêté, se présenteront au ministre de la police pour justifier de leur qualité de citoyens français, de leur domicile et de leur signature, et promettront fidélité à la constitution.

« Art. 5. Seront supprimés, sur-le-champ, tous les journaux qui inséreront des articles contraires au respect dû au pacte social, à la souveraineté du peuple et à la gloire des armées, ou qui publieront des invectives contre les gouvernements et les nations amis ou alliés de la république, lors même que ces articles seraient extraits des feuilles périodiques étrangères. »

   Succédant au Consulat le 28 floréal an XII (18 mai 1804), le Premier Empire prévoit dans sa Constitution, article 64 : « Une commission de sept membres, nommés par le Sénat et choisis dans son sein, est chargée de veiller à la liberté de la presse. Ne sont point compris dans son attribution les ouvrages qui s’impriment et se distribuent par abonnement et à des époques périodiques. » La distinction est habile : dire que la liberté de la presse ne s’applique pas aux publications périodiques, c’est dire que la liberté de la presse ne s’applique pas à la presse.

    Finalement, à partir de cette même année 1804, la censure préalable est rétablie, chaque journal politique de Paris se voyant doté d’un rédacteur en chef et d’un censeur. Le problème ne se pose pas pour la presse de province, qui doit se contenter de reproduire les articles du Moniteur. En 1811, le nombre des journaux parisiens fut même limité à quatre.

Il y a environ…

46 ans: Le 7 janvier 1974   ( Nul ce billet !)

Les Britanniques instaurent la semaine de trois jours ?

   Le 7 janvier 1974, le gouvernement conservateur d’Edward Heathedward-heath impose la semaine de trois jours dans l’industrie britannique. Loin d’annoncer la fin du travail et la prospérité généralisée, la mesure reflète au contraire la situation désespérée de l’économie nationale, confrontée à une très dure grève des mineurs.

   De l’État-Providence à la sclérose :

    Après la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne fait, comme d’autres pays, le choix de développer les mesures sociales et de devenir un État-Providence suivant ainsi  les principes développés pendant la guerre par l’économiste William Beveridge.

   Cependant, à partir des années 1960, le système se grippe : les coûts de production sont trop élevés, les industries vieillissantes, et l’inflation hors de contrôle. Le poids et les actions des syndicats entraînent d’importantes hausses de salaires et suscitent l’impression que leurs dirigeants contrôlent le pays. Ni les conservateurs, au pouvoir avec Edward Heath à partir de juin 1970, ni les travaillistes, dont l’homme fort est Harold Wilson Wilson, ne parviennent à maîtriser la situation, d’autant que, sur un autre plan, le conflit nord-irlandais bat alors son plein.

   Arrimage européen, décrochage économique :

Edward Heath, fervent Européen, profite de la retraite du général de Gaulle pour relancer la candidature de son pays à la Communauté Économique Européenne (CEE), ancêtre de l’Union européenne.

Edward HeathIl en fait approuver le principe par les Communes le 28 octobre 1971 et la Grande-Bretagne devient officiellement membre de la CEE le 1er janvier 1973.

   Mais la situation intérieure se dégrade en octobre de cette même année, lorsque survient le premier choc pétrolier. Profitant de la situation, les mineurs débutent avec le gouvernement un conflit qui diminue de manière dramatique les réserves d’énergie disponibles. L’énergie voit son prix flamber !

     Plusieurs mesures sont alors prises pour restreindre sa consommation : Limitation de vitesse, diminution de l’éclairage urbain, interdiction d’éclairage des stades (ce qui conduit à l’apparition de matches de football le dimanche après-midi), arrêt des programmes télévisés à 22h30. Cela ne suffisant pas, on en vient à réduire la semaine de travail à 3 jours dans l’industrie pour tenter de l’économiser.

   Le gouvernement, en décrétant l’état d’urgence, fait appel à l’esprit civique des citoyens en rappelant la situation de la Seconde Guerre mondiale. Peine perdue : le 28 février 1974, les élections générales ramènent les travaillistes au pouvoir, et un accord avec les mineurs est signé début mars.

    La semaine de cinq jours reprend officiellement le 7 mars. Cependant, il apparaît bientôt qu’aucun problème n’est réglé : les syndicats obtiennent de nouveaux accords salariaux qui relancent l’inflation, et en 1976 le pays doit solliciter auprès du FMI (Fonds Monétaire International) un prêt de 3,9 milliards de dollars.

   Le prestige national est durement  » écorné ‘ . La Grande-Bretagne est  » l’homme malade de l’Europe  » et le dictateur ougandais Idi Amin Dada lance même un fonds de soutien et effectue des collectes en faveur de l’ancienne métropole !

   Ce n’est que dans les années 1980, après une nouvelle crise sociale en 1978-1979 et l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher M.Thatcher, que l’économie britannique va enfin se redresser…….

  P.S : Il y eu aussi 7 janvier 1957
Début de la bataille d’Alger……

Mais moi pfffffff  » out  »

C’était il y a….

….environ 168 ans : Mort de Louis Braille …..

Qui fut ( comme chacun sait )

  L’inventeur du système tactile à point saillants à l’usage des personnes aveugles ou malvoyantes, Louis Braille, professeur distingué dont la vie tout entière s’était écoulée dans le dévouement, le calme, les douceurs de l’amitié, la pratique du bien, mourut à 43 ans
    Louis Braille était né  le 4 janvier 1809, à Coupvray, près de Meaux (Seine-et-Marne). Ses parents avaient pour métier  » bourreliers  » ; ils étaient déjà avancés en âge lors de sa naissance.  Le petit Louis fut l’enfant de prédilection, et le 4 janvier fut regardé comme un jour de bonheur. Son père aimait à se le représenter comme la consolation, l’appui, le compagnon de sa vieillesse.
    Mais un jour (il avait  trois ans), assis à côté de son père, qui travaillait et contemplait avec amour son petit Benjamin, l’enfant voulut aussi travailler et imiter les mouvements qu’il voyait faire ; l’une de ses petites mains saisit une lanière de cuir et l’autre une serpette, et le voilà à l’ouvrage. La faiblesse rencontre facilement des obstacles ; il s’en présente un : l’instrument tranchant s’échappe obliquement, et frappe l’œil du pauvre ouvrier. Un œil avait été atteint par l’instrument tranchant ; mais, comme il arrive souvent, l’inflammation gagna le second, et la cécité devient bientôt complète, malgré les efforts de la médecine pour arrêter les progrès du mal.

Ci – dessous : Lithographie réalisée d’après un daguerréotype effectué lors du décès de Louis Braille 

Louis-Braille lithographie

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     Le père, désolé, voulut donner un contrepoids à sa douleur, en procurant à son cher fils une éducation appropriée à son nouvel état ; il sollicita son admission à l’Institution des Aveugles, et y entra le 15 février 1819. Un air intelligent, une figure qu’illuminait assez souvent un agréable sourire, mais que jamais ne troublait une folle gaieté, tout dans la physionomie du jeune Braille faisait pressentir les plus heureuses dispositions, et annonçait les plus aimables qualités. Aussi réussit-il dans toutes les études scientifiques et musicales auxquelles il fut appliqué.
Comme tous ses condisciples, il apprit à lire au moyen des caractères en relief imaginés par Valentin Haüy, l’illustre inventeur des méthodes pour l’enseignement des aveugles. Par l’activité de son intelligence, Braille fut bientôt au courant des éléments de grammaire, de géographie, de calcul, etc. De bonne heure, on lui fit donner des leçons de violoncelle et de piano ; c’est surtout pour ce dernier instrument qu’il montra un facilité remarquable.

Le jeune Braille marchait très vite dans la voie du progrès : des classes élémentaires, il passa bientôt aux classes plus élevées ; tous les ans, le nom de Louis Braille retentissait avec éclat parmi ceux des lauréats des différentes distributions des prix. Dans les derniers temps de son séjour à l’Institution à titre d’élève, Louis Braille se livra à l’étude de l’orgue, et acquit bientôt assez de talent pour qu’on pût lui confier successivement des buffets dans différentes paroisses de Paris. Son exécution était précise, brillante et dégagée, et représentait assez bien l’allure de toute sa personne.
    Il fut nommé professeur au commencement de l’année classique 1827-28, et commença sa nouvelle carrière par les classes de grammaire, de géographie et d’arithmétique. Plus tard, il enseigna l’histoire, la géométrie et l’algèbre. La flexibilité et la lucidité de son esprit se prêtaient aussi facilement au développement des règles du langage qu’au laconisme de l’argumentation mathématique ; et ce n’est pas seulement dans les sciences que Braille fut un habile professeur, il forma aussi des élèves de piano fort distingués. Il s’acquittait de ses fonctions avec tant de charme et de sagacité que, pour ses élèves, le devoir d’assister à la classe était transformé en un véritable plaisir. Chez eux, l’émulation n’avait pas seulement pour but de s’égaler ou de se surpasser les uns les autres, elle devenait encore une touchante et continuelle attention à se rendre agréables à un professeur qu’ils affectionnaient comme un supérieur estimable et comme un ami sage et éclairé, fertile en bons conseils.

   Braille ne se borna pas à l’enseignement oral ; il composa plusieurs traités dans lesquels il ne montre pas moins d’habileté que dans ses leçons. Il fit, entre autres, un traité d’arithmétique imprimé en relief, qui est un chef-d’œuvre de clarté et de concision :  » Nos procédés d’écriture et d’impression, disait-il, occupent beaucoup de place sur le papier ; il faut donc resserrer la pensée dans le moins possible de mots.  » Cette qualité était passée en habitude chez lui, et pouvait même donner un peu de sécheresse à son style quand il traitait d’autres matières que la science.
     Dès l’origine de sa carrière de professeur, Louis Braille fut secondé dans son enseignement par la découverte de l’écriture en points saillants, admirable invention dont il s’était déjà occupé pendant qu’il était encore élève, et qui a fait faire un si grand pas à l’instruction parmi les aveugles. Ses journées étant employées par l’étude, c’était la nuit qu’il consacrait à faire ces combinaisons de points qui devaient remplacer le procédé de Barbier, et devenir une système orthographique ou sténographique, suivant la volonté de l’écrivain. Dans son village pendant les vacances, comme à l’Institution pendant l’année classique, jamais il ne perdit de vue son travail ; jamais il ne déroba un instant au développement ou à la pratique de son nouveau procédé d’écriture et de lecture.

    Le langage parlé avait son expression, mais la langue musicale n’avait pas la sienne encore. Braille chercha bientôt à appliquer son système d’écriture en points saillants à la notation musicale. Il était doué d’une grande patience dans ses essais ; son esprit, essentiellement méthodique, se livrait facilement à la décomposition et à la recomposition d’un tout. A l’aide de cette double lumière que fournissent l’analyse et la synthèse, s’appuyant aussi sur les tentatives faites avant lui dans l’Institution, faisant usage d’une disposition particulière de son esprit, qui était de poursuivre le moins pour arriver au plus par degrés imperceptibles mais réels, il eut d’abord pour but la notation du plain-chant, puis celle de petits airs très simples. De là, il arriva peu à peu jusqu’à l’écriture de la musique de piano et des partitions les plus compliquées.
   Cependant il y avait encore un pas à faire : le procédé était conventionnel ; dans le plus grand nombre des cas, les aveugles étaient obligés d’avoir recours à une main étrangère pour établir des relations écrites avec les clairvoyants. Tous en avaient senti l’inconvénient : à Louis Braille encore était donné de le faire disparaître. Il fallait une écriture en même temps facile à pratiquer pour l’aveugle et à déchiffrer pour le clairvoyant. Plusieurs essais avaient été faits à l’aide de la plume et du crayon ; aucun n’avait réussi. La cécité a besoin d’un régulateur sans solution de continuité, afin de se rendre compte et de l’étendue et de la distance. Pour rendre invariables les dimensions des lettres, il imagina de dresser un tableau indiquant le nombre de points exigés par la forme d’une lettre, et aussi les positions successives que doivent prendre ces points pour représenter les différentes parties de sa figure. L’invention était faite, et Braille en consigna les détails dans une notice qu’il fit imprimer en 1839.

  Un de ses intimes amis, Foucault, comprit toute l’étendue du service qu’elle devait rendre aux aveugles et appliqua l’aptitude spéciale de son esprit pour la mécanique à la découverte d’une machine qui permit de supprimer la grille régulatrice, cause nécessaire de lenteur. Cette machine fit faire un tel pas à l’invention que Louis Braille lui-même, sacrifiant son titre d’inventeur unique, se plaisait à appeler cette manière d’écrire le procédé Braille-Foucault.
       Dès l’âge de vingt-six ans, Louis Braille vit sa santé s’affaiblir ; et alors on fut obligé de diminuer sa besogne active et de lui confier de modestes classes, qui n’exigeaient que très peu de frais de parole et nulle préparation. Il n’en continua pas moins à consacrer ses moments de loisir aux nouvelles combinaisons que lui suggérait son génie inventif ; mais il aimait surtout à se livrer à ces entretiens affectueux où ses amis trouvaient tant de charmes.
    L’amitié chez lui était un devoir consciencieux en même temps qu’un tendre sentiment. Il lui aurait tout sacrifié, son temps, sa santé, sa fortune. Il en donna plus d’un exemple. Ainsi un de ses meilleurs élèves venait de quitter l’Institution et n’était pas suffisamment pourvu de moyens d’existence ; Braille, organiste d’une paroisse de Paris, n’hésita pas à se désister de sa place en faveur de son élève.
   Il voulait que son amitié profitât à ceux qui en étaient l’objet ; elle le rendait vigilant sur leur conduite et lui inspirait souvent de fermes et lumineux conseils. Lorsqu’il y avait un avis important, mais pénible, à adresser à un ami commun, si d’autres montraient de l’hésitation ou de la répugnance à s’acquitter de cette mission difficile,  » Allons ! je me sacrifierai  » , disait-il en souriant. Il remplissait si fréquemment cette fonction délicate, que l’expression lui était devenue familière, et que ses amis prenaient plaisir à le surnommer  » le Censeur  » .
    Cet esprit observateur ne se laissait pas même entrevoir dans la conversation, où Louis Braille s’appliquait avec le plus grand soin à ne rien laisser échapper de désagréable pour qui que ce fût. Il savait l’entretenir d’une manière intéressante et variée. Quoiqu’il fût doué d’un esprit très positif, il ne s’en laissait pas moins aller à la plaisanterie de bonne société ; il faisait de temps en temps briller des traits d’esprit charmants, et même se permettait quelquefois d’aiguiser une pointe délicate. Quelques-unes de ses expressions faisaient fortune parmi ses amis, et bientôt passaient de bouche en bouche, avec l’autorité et les honneurs du proverbe.

   Ses paroles et le ton de sa voix portaient un cachet de finesse dont l’empreinte se reproduisait sur sa physionomie, où il était difficile de démêler ses pensées et ses impressions, attendu qu’il savait les comprimer dans son intérieur par l’énergie de son caractère et de sa volonté. Les choses qu’il avait résolues, il les accomplissait avec la même conscience, qu’elles lui fussent agréables ou désagréables ; il lui suffisait qu’elles fussent utiles.
    S’il a quelquefois désiré des honneurs qui, à coup sûr, étaient bien dus à son mérite et à ses travaux, ce n’était pas dans un intérêt personnel qu’il les souhaitait, mais parce qu’il les eût réclamés pour tout autre, et que l’éclat devait en rejaillir sur le corps des professeurs de l’Institution, auquel il se faisait gloire d’appartenir. Son maintien était mesuré d’après les règles de la plus stricte convenance. Il avait une attention continuelle à n’y rien laisser percer qui fût propre à le faire remarquer ; il détestait également la bizarrerie, et l’originalité affectée dans le caractère. Son originalité, à lui, c’était de ne paraître pas original.
   Sa taille était restée d’une médiocre grandeur, fluette, assez élancée, et élégamment découplée ; sa tête se portait légèrement en avant ; ses cheveux blonds bouclaient naturellement ; il avait des manières faciles et dégagées ; ses traits étaient réguliers. Il avait conservé le sourire de sa jeunesse, que les travaux, la maladie, la mort même n’avaient pu lui faire perdre. Son teint pâle annonçait une santé débile. Il avait de la vivacité dans ses mouvements, et sa démarche était assurée, pleine de dextérité.
La singulière justesse de son esprit, la rectitude de sa raison, la pénétration de son intelligence, lui faisaient prévoir l’enchaînement et les conséquences des événements ; en sorte que, parmi les personnes qui le connaissaient particulièrement, il y en avait peu qui ne le prissent pour conseiller, et ne se trouvassent très bien de la direction que leur avait fait prendre sa prudence. Aussi ne manqua-t-il pas d’être admis dans les conseils des différentes sociétés qui ont été formées en faveur des aveugles, et il y apporta toujours un concours zélé et éclairé.
   Louis Braille ne se borna pas à l’heureuse influence de ses paroles, il y joignit l’action et le dévouement. Il aimait à rendre service et à soulager les malheureux. Lorsqu’il faisait du bien, il agissait avec tant de simplicité et de délicatesse qu’il dérobait, pour ainsi dire, la main du bienfaiteur aux regards de celui qui recevait le bienfait. Il savait qu’il ne suffit pas de donner, mais qu’il faut le faire avec cet esprit de charité chrétienne qui respecte la dignité de l’âme humaine dans la personne du pauvre.

    La foi solide et vive dont il était animé lui suggérait cette noblesse de sentiments ; et la religion, qu’il avait toujours cultivée avec autant d’assiduité que de conviction, lui faisait envisager, sinon sans émotion, du moins sans effroi, les approches de la mort.

   Depuis l’année 1835 environ, le mauvais état de sa poitrine se manifesta plusieurs fois par des crachements de sang ; mais les précautions qu’il prenait, la parfaite régularité de sa vie et son extrême sobriété semblaient avoir fortifié son tempérament durant ses dernières années, à tel point qu’il se plaisait quelquefois à se bercer dans de gracieux projets d’avenir. Mais dans la nuit du 4 au 5 décembre 1851, après un rhume peut-être un peu trop négligé, il vit se déclarer une hémorragie réelle et abondante, accident qui se reproduisit à diverses reprises, dans les jours suivants, avec une intensité effrayante pour les personnes qui entouraient le malade.
   Braille demanda par précaution les secours spirituels, et reçut les sacrements avec une piété aussi respectueuse qu’édifiante. Le lendemain de cette touchante et solennelle cérémonie, le malade adressa les paroles suivantes à l’ami à qui il était donné de le visiter le plus souvent :  » Le jour d’hier est un des plus beaux et des plus grands de ma vie. Quand on a passé par là, on comprend toute la puissance et la majesté de la religion. Mais, ô mystère insondable du cœur humain ! je suis convaincu que ma mission est finie sur la terre ; j’ai goûté hier les suprêmes délices ; Dieu a daigné faire briller à mes yeux les splendeurs des éternelles espérances. Après tout cela, ne semble-t-il pas que plus rien ne doit être capable de m’attacher à la terre ? Eh bien, je demandais à Dieu, il est vrai, de me retirer du monde… mais je sentais que je ne le demandais pas fort.  »
   Dix jours plus tard, la fête de Noël arriva : le pieux malade voulut la célébrer sur son lit de douleur. En mettant ordre à ses intérêts spirituels, il ne négligeait pas ses affaires temporelles : il fit venir le notaire et dicta avec précaution ses dispositions testamentaires. Celui de ses collègues qui avait le plus de communications avec lui pendant le cours de cette dernière maladie, écrivait de temps en temps sous sa dictée la note des bonnes œuvres et des souvenirs d’amitié qu’il voulait laisser après lui. Ses bonnes œuvres avaient surtout pour but les aveugles, les pauvres, la propagation de la foi. Ainsi Louis Braille disposait tout pour sa mort avec le même sang-froid qu’on met à faire les préparatifs d’un simple voyage. Lorsqu’on cherchait à l’encourager par l’espoir de la guérison :  » Vous savez, disait-il avec simplicité, que je ne me paye pas de cette monnaie-là ; il n’est pas nécessaire de dissimuler avec moi.  »
   Quelques jours avant sa mort, il paraissait avoir plus de confiance dans le rétablissement de sa santé, comme si la Providence, par égard pour la faiblesse humaine, voulait, dans ces grandes circonstances, voiler l’aspect de la mort pour en diminuer l’horreur. Le 6 janvier 1852 devait être son jour suprême.

   Le matin, il demanda qu’on lui rappelât le sens symbolique de l’or, de l’encens et de la myrrhe dont, à pareil jour, les rois mages avaient fait présent à celui dont ils avaient vu briller l’étoile en Orient. Vers le milieu de la journée, sentant sa fin prochaine, il voulut se fortifier pour le redoutable passage, et reçut le saint viatique avec une tendre piété. Il rendit l’âme à sept heures et demie.

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