» En avoir marre  » ?

    Il est vrai que c’est  » un peu  » mon cas ces derniers jours ( mais c’est assez courant n’est ce pas ? ) . Bref , je me suis demandé d’où venait cette expression …..

avoir-marre (1)

On dit aussi :  » Trop c’est trop. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase  » etc ….

  En cherchant , je fut bien  » marri  » lol  En effet, ce ne sont pas une, ni deux hypothèses que j’ai trouvées , mais une dizaine.

Par exemple , une  de ces théories  fait remonter le mot marre au mot  » marrement  », qui signifiait chagrin du 11ème  au 13ème  siècles,  » marance  » , pour affliction, faute légère entre le 12ème  et 14ème  siècles ou encore  »marrissement  », qui s’utilisait dans le sens de déplaisir  jusqu’au 16 ème siècle …

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 De l’arabe andek,  » tu as eu  » ?
Il y a aussi , comme souvent ,l’éventualité d’un emprunt à l’arabe  » andek ‘ =   » tu as eu  », marra  » une fois  » , c’est-à-dire  »  ça suffit  », le mot marre a donc  plongé les lexicologues  dans un marasme de conjectures, très loin de la marrade…lol 

 Selon le lexicologue Alain Rey , le mot marre serait issu du terme d’argot mar, maré courant  au 19 ème  siècle. Il se serait  d’abord employé dans le sens de jeton, puis gage, gain, part due au 15 ème siècle.  » Avoir son mar  » , c’était donc  » avoir son compte  » ,  » avoir ce qu’il faut  ». Plutôt marrant, n’est-ce pas ?

   J‘ai lu aussi que le mot marre serait  issu de l’ancien verbe  » se marer  » qui signifiait s’ennuyer. Un terme qui semble avoir un  lien de parenté avec notre actuel verbe se marrer. C’est à lui que l’on devrait, par antiphrase ( =  emploi d’un mot, d’une phrase dans un sens contraire à la véritable signification, par ironie ou par plaisanterie.) , l’idée d’un  » amusement  », d’un  » rire sans retenue  ».

Allez , c’est bon là , j’arrête mes débilités et monte me coucher …..

 

Drapeau blanc = paix ?

    Symbole de  la reddition dans l’inconscient populaire, le drapeau blanc est également un symbole de paix. Si sa signification nous semble aujourd’hui évidente, cet étendard a connu une histoire originale dont certaines coïncidences l’ont amené à tenir un rôle unique et relativement important dans les relations internationales.

Des bandelettes au drapeau blanc :

  Il semblerait que la signification pacifique du drapeau blanc remonte à l’Antiquité.

 

   En effet, selon l’historien latin Tacite, l’étendard blanc serait apparu au cours de la guerre civile romaine (opposant les partisans de l’empereur Vitellius à ceux de Vespasien), en l’an 69 après J.C 

  Alors qu’il était de coutume dans le monde antique de brandir haut son bouclier pour signifier sa reddition, les légionnaires de Vitellius n’ont eu, en effet, d’autre choix que d’arborer leurs bandes molletières blanches à la face de leurs adversaires.

   Ainsi, ces soldats romains ( qui avaient abandonné leur équipement lors de leur retraite à Crémone  ) venaient de créer, sans le vouloir, un nouveau code dans le langage de la guerre.

   De cet événement fondateur, le blanc pouvait donc poursuivre sa voie sur » le chemin de la paix   » .

   Bien des siècles plus tard, le blanc ( associé à la pureté )  servait de sauf-conduit aux voyageurs du Moyen Âge qui attachaient une étoffe de cette couleur à leur habit, quand ils se rendaient en territoire étranger.

    Cependant , ce n’est véritablement qu’ à la Renaissance que l’étendard blanc est adopté , par les puissances européennes , comme un code visuel pour arrêter les combats.

   En effet, alors que la multiplication des armes à feu rendaient difficiles les sonneries de trompettes et l’appel de tambour (qui servaient usuellement à signifier l’intention de parlementer), le drapeau blanc avait pour avantage de se distinguer de la plupart des bannières (à l’exception notable de celle du roi de France), tout en étant facilement utilisable par n’importe quel belligérant (un simple linge pouvait faire l’affaire).

Un symbole devenu universel :

   Dès lors perçu comme le  » signe qu’on demande à parlementer  » (selon les termes employés dans  »Le Droit de la guerre et de la paix » publié en 1625, par Huig de Groot dit Grotius), le drapeau blanc passe progressivement du droit  » coutumier  » au droit  » conventionnel  » de la guerre ) .

    La  » chamade »  (  » chamade  » = Origine : Le mot ‘chamade’ vient du piémontais  »ciamada », qui signifiait « clameur, appel ». La chamade est un roulement de tambour ou une sonnerie de trompette qui était utilisée au cours des batailles ou des sièges pour indiquer qu’on souhaitait se rendre ou qu’on demandait une trêve pour ramasser ses morts.)  et le  »drapeau blanc  » sont décrits comme des demandes de capitulation dans le  »Traité du droit naturel » (1777) par Béat-Philippe Vicat.

   Finalement, le statut particulier de cet étendard est reconnu officiellement par la Conférence Internationale de la Paix (qui siégeait à La Haye, en 1899).

   Depuis cette date, toute personne brandissant un drapeau blanc est considérée comme étant inviolable et neutre dans la guerre qui l’afflige.

    Ce fut ne avancée importante vers la protection des civils et la résolution pacifique des conflits.

 » prendre son pied  »

   L’expression proviendrait du partage des butins chez les malfaiteurs qui utilisaient le système anglo-saxons, le pied.. ( une unité de longueur d’environ  30 centimètres,  la longueur d’un grand pied humain d’une pointure 45 environ ) .

  Les pirates , selon cette théorie , présentaient les trésors dérobés en les étalant sous forme de petits tas d’un pied , tas où chacun prenait sa part ,  » prenait son pied  »

L’expression telle qu’on l’emploie de nos jours serait donc  une sorte  de glissement,  passant de l’argot des pirates à celui des prostituées, qui aurait créé le sens actuel, avec ses  connotations érotiques .Mais….est ce quelqu’un prendra son pied en lisant ceci ?  : Pas sur….Résultat d’images pour images pied humain

 » En douceur  » lol

Préambule : 

Croquis plus vidéo ébénistes en rapport avec une  » doucine  » 

 

cimaise moulure

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    Comme vous qui par hasard passeriez le voyez , la vidéo montre un meuble avec des  » moulures  » décoratives …….Quel rapport avec la doucine ? 

   En fait , la  » doucine  » est une sorte de  rabot ( pas trouvé d’image ) qui est utilisé en menuiserie ou ébénisterie pour réaliser des moulures courbes en forme de  » S  » aplati . Et , comme c’est souvent le cas dans le milieu de l’artisanat , le mot  » doucine  » désigne aussi bien l’outil que le résultat de son utilisation . La doucine est donc également une moulure qui présente un aspect plutôt doux au regard comme au toucher ….D’où son nom qui évoque bien la  » douceur  » ….Par contre , le mot  » durcine  » qui aurait pu désigner une moulure plus saillante / abrupte n’existe pas !

P.S : Quelles différences entre ébéniste et menuisier

   Ces métiers ont beaucoup de   » savoir-faire  » en commun mais il faut savoir  que leur différenciation , qui met l’ébéniste plus  » en valeur  »  remonte à l’époque des corporations, dissolues au 18ème siècle. Rabot

Le menuisier :

    Il réalise les portes, les fenêtres, les parquets et boiseries, les meubles et les sièges. Il peut également assurer leur pose. Il fournit avant tout une prestation sur mesure en fabrication, mais aussi en agencement en bois massif ( cuisine,  placards etc…).

   Souvent, dans le  langage  » commun  », on classe les  » agenceurs  » (qui utilisent des matériaux dérivés en panneaux) et les poseurs (de matériaux isolants, de cloisons sèches, d’ouvrages en aluminium ou en PVC) avec les menuisiers alors qu’ils n’en sont pas puisqu’ils ne pratiquent pas la menuiserie.

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L’ébéniste :

main d’ébéniste

   L’ébéniste travaille le bois également mais a les compétences pour travailler les finitions avec des essences de bois rares en utilisant les méthodes de marqueterie. Cette méthode permet d’utiliser des lames fines de bois rares (ébène par exemple…).=> ébène a donné ébénisterie ? 

   L’utilisation d’essences rares, bien souvent  impossibles à obtenir en grande quantité, oblige l’ébéniste à les utiliser en placages. Ceci limite également le prix de la matière première. L’ébénisterie est donc un métier récent qui a fait son apparition au 15ème siècle quand les premiers bois rares ont été rapportés de Madagascar. L’ébéniste est le seul de ces deux ou trois ( le charpentier par exemple ) métiers du bois à être considéré comme métier d’art.

 » Boire comme un templier  » ?

     On a attribué aux chevaliers du Temple l’usage de boire avec excès, ce qui amenait  de grands désordres. De plus, les auteurs du XIIIe siècle leurs ont tous reproché leur orgueil démesuré.!
( illustration trouvé sur le net )

Un passage tiré d’un auteur du XVIe siècle, nommé Guillaume Paradin, montre  l’opinion  qu’on avait à cette époque encore des Chevaliers du Temple :

 » Plusieurs autres grandes impetez et mechanstez perpetroient ; car, avec toutes ces choses, ilz faisoient esta de gourmandise, banquets et yvrongneries et estoient ceux qui mieux remplissoient la panse en plus grande resputation entre eux, dont l’on dit encore jusque aujourd’hui : Boire comme un Templier, qui est un adage de taverne.  » ( passage en  » vieux français  » => un effort pour le comprendre , mais …on  » devine tout de même  » )

Rabelais Rabelais (XVIe siècle), écrivait : » Je ne boy en plus qu’une esponge, je boy comme un Templier. »

Cependant, il faut savoir  que le mot boire  signifiait au XIIe siècle » goûter tous les plaisirs d’une vie sensuelle  ».( ce qui n’est pas mieux  à mon avis ) Les Italiens disent :  » Boire comme un moissonneur  ».

La loque ?

   Je ne sais pas si on emploie ce mot dans toute la France , mais dans les Ardennes ( où je suis né ) et le Nord ( où j’ai vécu de nombreuses années ) , on utilise le mot  » loque  » pour désigner une serpillière  .

.et aussi dans l’expression  » je me sens comme une loque  » => on n’a envie de rien , pas d’énergie ….

D’où vient cette expression  » se sentir comme une loque  » ?

Il semblerait que le mot  » loque  » viendrait du néerlandais  » locke » qui signifie la  » boucle  » , mot qui serait passé dans le patois ch’timi pour décrire la serpillière qui est faite de boucles ….

Ainsi , pour le mot  » locke  » la boucle est bouclée lol 

Un secret de Polichinelle ?

   Un  » secret de Polichinelle » est un faux secret car il a été éventé. Il est donc connu de tous. Mais, et c’est là que se trouve le piquant de la formule, les personnes placées dans la confidence ne savent pas avec précision quel est le degré de connaissance du secret de la part des autres.

   L’expression a une origine très précise et qui vient du monde des arts. Polichinelle est comme chacun sait , un personnage de la commedia dell’arte. Il est doublement bossu, très débrouillard, caricatural et fait preuve d’un certain esprit. Par ailleurs il ne respecte pas les codes sociaux.

   Dans une de ses aventures, il veut se venger d’un seigneur. Pour y parvenir il révèle au roi, comme s’il s’agissait d’un secret, l’infirmité cachée du dit seigneur : il lui fait savoir qu’il aurait le corps couvert de plumes. Mais il fait promettre au roi de garder le secret.

   Le problème est qu’il fit de même avec tous les courtisans, demandant à chacun de n’en dire mot. Si bien que pris individuellement tous les membres de la cour étaient au courant.

   Ainsi depuis ce secret mal gardé, on appelle  » secret de Polichinelle  » les secrets qui n’en sont pas !polichinelle

çà s’est passé il y a environ ….

385 ans :

   Le 29 janvier 1635, le cardinal de Richelieu signe les lettres patentes qui fondent l’Académie française.

    Son nom vient du jardin Akademos, à Athènes, où Platon enseignait la philosophie. Sous la Renaissance, on a pris l’habitude d’appeler ainsi les sociétés savantes où on discutait de belles lettres et de sciences.

    L’Académie française est issue d’un petit groupe d’érudits qui se réunissaient chaque semaine chez l’un d’eux, Valentin Conrart, secrétaire du roi Louis XIII.

     L’habile cardinal de Richelieu a l’idée de s’attacher ces gens de lettres et de les mettre au service de l’État et de la monarchie. Il invite les érudits à se constituer en corps officiel et leur accorde sa protection.

   La nouvelle Académie se consacre à la langue française :

   L’article 24 de ses statuts énonce :  »La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et la science… »

   Valentin Conrart, premier secrétaire perpétuel de l’Académie,  »avalise  » la pratique des réunions hebdomadaires destinées à la rédaction d’un Dictionnaire de la langue française.

  En 1638, Richelieu, dans le but  de faire taire les railleries autour de la jeune Académie, l’engage à donner son sentiment sur la tragédie du  »Cid », qu’a donnée Corneille un an plus tôt. C’est l’unique fois où l’Académie s’érige en arbitre littéraire.

Des traditions solides… et dépassées

  L’Académie française et les autres académies royales sont supprimées par la Convention révolutionnaire en 1795 et remplacées par un Institut national des sciences et des arts.

   Le Premier consul Napoléon Bonaparte puis Louis XVIII et Louis-Philippe ont rétabli l’Académie française dans sa plénitude. Cinq académies figurent aujourd’hui dans l’Institut de France.

   L’Institut siège depuis 1805 sous la fameuse Coupole du collège des Quatre-Nations, érigé par Louis Le Vau sur les bords de la Seine. Les académiciens sont admis par leurs pairs et demeurent en fonction jusqu’à leur mort.

  L’Académie a une activité de pure forme et son travail sur le fameux Dictionnaire suscite le sourire. Certains s’interrogent sur l’opportunité de lui donner plus d’initiative dans la promotion de la langue française.

   La moindre des choses serait que les nouveaux élus aient un statut actif pendant quelques années durant lesquelles ils pourraient travailler et faire des propositions. Au terme de ce mandat, ils seraient invités à se cantonner dans un rôle honorifique et laisseraient le travail à de plus jeunes.

C’est un rossignol d’Arcadie…….

C’est un rossignol d’Arcadie ? ?

Au propre, c’est un baudet ; au figuré, c’est un ignorant, un chanteur détestable

Les Grecs et les Romains  comparaient les hommes d’une grande ignorance aux ânes d’Arcadie, qu’ils regardaient comme les prototypes de l’espèce.

   Par la suite ,   cette comparaison proverbiale a été adoptée , et nous avons dit d’abord un  » roussin d’Arcadie  », puis nous avons substitué  le nom de rossignol à celui de roussin, avec lequel il a une certaine analogie phonétique, par allusion au trait de la fable qui représente le dieu Pan donnant des leçons de musique à ces stupides animaux.

 Cette tradition mythologique pourrait être  fondée sur l’observation de quelques effets extraordinaires produits par les sons mélodieux de la voix ou des instruments sur ces animaux, qui ont montré quelquefois une  »délicatesse d’oreille  », dont bien des gens pourraient être jaloux.

   Témoin l’âne dont parle le père Regnault :  » cet âne élevait la tête par dessus le chapeau d’un joueur de flûte pour mieux l’entendre, et, dans cette position, il restait la bouche béante à l’écouter  ». Témoin encore l’âne d’Ammonius, commentateur d’Aristote. Ce second amateur était plus remarquable encore que le premier.

    Le patriarche Photius ?  était si émerveillé de ses qualités, qu’il a cru devoir en faire une mention honorable dans un ouvrage de théologie où il assure que cet illustre baudet, entendant son maître déclamer ou chanter des vers, oubliait les meilleurs chardons placés devant lui, et souffrait la faim plutôt que d’interrompre son attention. !!

 » Avoir la dalle  » ?

  Je ne sais pas si cette expression est employée dans toute la France , mais ici et dans ma région  » d’origine  » , elle est courante et signifie familièrement  » avoir faim  » assiette 1

    J’ai voulu en connaitre l’origine  et en cherchant ici et là :

  Quand quelqu’un a très faim on peut dire de façon familière qu’il  » a la dalle  ». Cette formule daterait  du Moyen Age.

   Pour bien en comprendre l’origine,  il faut savoir que le mot  »dalle » vient du terme nordique  » daela  », qui signifiait gouttière ou rigole, en tous cas une sorte de tuyau qui permet l’écoulement des liquides.

   Au 14e siècle on utilisait même  »dalle » pour désigner au figuré la gorge et l’œsophage, ( eux aussi en quelque sorte des tuyaux ).

  » Dalle »  aurait donc eu le sens de tuyau avant de désigner une table ou une plaque de pierre. Ce qui ne fut le cas que 200 ans plus tard, au 16eme siècle.

    Ainsi dès le 15e siècle on dit  » avoir la dalle en pente » pour les gens qu étaient capables de boire beaucoup d’alcool.

   Puis au fil du temps, la formule s’est allégée, perdant  »en pente’. Son sens s’est élargi à toute forme d’alimentation, boisson comme nourriture. Au cours du 19e siècle,  » avoir la dalle » signifiait déjà avoir très faim.