» prendre son pied  »

   L’expression proviendrait du partage des butins chez les malfaiteurs qui utilisaient le système anglo-saxons, le pied.. ( une unité de longueur d’environ  30 centimètres,  la longueur d’un grand pied humain d’une pointure 45 environ ) .

  Les pirates , selon cette théorie , présentaient les trésors dérobés en les étalant sous forme de petits tas d’un pied , tas où chacun prenait sa part ,  » prenait son pied  »

L’expression telle qu’on l’emploie de nos jours serait donc  une sorte  de glissement,  passant de l’argot des pirates à celui des prostituées, qui aurait créé le sens actuel, avec ses  connotations érotiques .Mais….est ce quelqu’un prendra son pied en lisant ceci ?  : Pas sur….Résultat d’images pour images pied humain

Poudre de  » Perlimpinpin  »?

La poudre de perlimpinpin ?

Un remède prétendument extraordinaire mais aux vertus complètement imaginaires.
Une solution présentée comme miraculeuse, mais qui ne sert à rien.

Origines :

   »Perlimpinpin » est un mot qui date de la première moitié du XVIIe siècle mais dont l’étymologie est inconnue. Il s’est aussi écrit  »prelimpinpin ».
  Certains le comparent à une formule magique comme  »abracadabra ».
Est-ce parce que ceux qui, autrefois, vendaient des poudres diverses en prétendant qu’elles étaient des remèdes extrêmement efficaces contre tout et n’importe quoi, les présentaient comme des produits un peu magiques ?
Toujours est-il que ces poudres se sont aussi, et à juste titre, appelées « poudre de charlatan ».
Par extension, l’expression peut s’appliquer à tout ce qui est censé apporter une solution à quelque chose et qui s’avère complètement inefficace.

Exemples :

 » Et cela marche, commercialement tout du moins, puisque la cure représente 36 % du chiffre d’affaires de la société, qui vise surtout les personnes âgées. Mais pour la direction des fraudes, qui a conduit la procédure, et pour le procureur, Jean-Pascal Oualid, on n’est pas loin de la « poudre de perlimpinpin ».  »

 

 

KLIK ……………..

 » Chat alors  » !

   L’histoire de Tomcat  » Tommaso » est vraiment un conte de fées. Du jour au lendemain, sa vie a pris un tournant décisif.

  Tommaso était un chat errant comme tant d’autres à Rome lorsqu’il a eu la chance de croiser la route d’une femme âgée qui a décidé de le sauver et de l’emmener avec elle.

Un chat riche héritierchat jpg

  Cette femme n’est autre que Maria Assunta, la veuve d’un riche entrepreneur en bâtiment. Elle souffre de solitude et Tommaso devient une partie importante de sa vie car elle n’a pas d’enfant.

  C’est pour cette raison qu’en 2009 elle prend la décision de coucher son matou sur son testament.

   Maria Assunta est décédée en 2011 à l’âge de 94 ans et Tommaso est soudainement devenu le chat le plus riche du monde. Il possède désormais de nombreuses propriétés dans toute l’Italie et vit une vie de pacha.

Un chat sous surveillance

   Comme les animaux ne sont pas autorisés à être des héritiers directs en vertu de la loi italienne, mais seulement indirectement en tant que bénéficiaires, Maria Assunta a fait de son infirmière Stefania la tutrice de Tommaso.

  C’est donc elle qui gère son immense fortune et fait en sorte qu’il ne manque de rien.

 » Boire comme un templier  » ?

     On a attribué aux chevaliers du Temple l’usage de boire avec excès, ce qui amenait  de grands désordres. De plus, les auteurs du XIIIe siècle leurs ont tous reproché leur orgueil démesuré.!
( illustration trouvé sur le net )

Un passage tiré d’un auteur du XVIe siècle, nommé Guillaume Paradin, montre  l’opinion  qu’on avait à cette époque encore des Chevaliers du Temple :

 » Plusieurs autres grandes impetez et mechanstez perpetroient ; car, avec toutes ces choses, ilz faisoient esta de gourmandise, banquets et yvrongneries et estoient ceux qui mieux remplissoient la panse en plus grande resputation entre eux, dont l’on dit encore jusque aujourd’hui : Boire comme un Templier, qui est un adage de taverne.  » ( passage en  » vieux français  » => un effort pour le comprendre , mais …on  » devine tout de même  » )

Rabelais Rabelais (XVIe siècle), écrivait : » Je ne boy en plus qu’une esponge, je boy comme un Templier. »

Cependant, il faut savoir  que le mot boire  signifiait au XIIe siècle » goûter tous les plaisirs d’une vie sensuelle  ».( ce qui n’est pas mieux  à mon avis ) Les Italiens disent :  » Boire comme un moissonneur  ».

booff…

Une incompréhension à l’origine du nom  » kangourou  » ? ….

Le kangourou est un animal  particulier : Plus gros marsupial du monde, capable de réaliser des bonds de plus de trois mètres ou encore se déplacer à soixante kilomètres par heure, ses prouesses physiques sont connues de tous. Mais le fait  qu’on le nomme ainsi  comporte une anecdote  peu célèbre ….

    Alors, pourquoi le kangourou s’appelle-t-il comme ça ?

 Comme chacun sait ,  le kangourou est un animal qui vit essentiellement en Australie. Or ce pays a connu une période de colonisation anglaise très intense . A la fin du XVIIIe siècle, Londres possède la plus grande flotte maritime militaire au monde et compte bien s’en servir pour étendre son pouvoir. C’est dans ce contexte que James Cook est envoyé en mission pour le compte du Roi Georges III en 1768. Deux ans plus tard, il pose le pied sur les terres de ce qui constitue aujourd’hui l’est de l’Australie et qu’il baptise la  » Nouvelle-Galles-du-Sud  ». Se lance alors une période d’installation d’une colonie anglaise dans ces lieux. Ce processus est accéléré par la perte rapide des Treize Colonies, qui se révoltent de l’autre côté du monde pour prendre leur indépendance et devenir les États-Unis d’Amérique, menées par un certain George Washington.

Affaiblie par la perte de sa plus grande colonie, la situation géopolitique et économique se trouve fragilisée et il est nécessaire pour elle de rapidement pallier à ce manque à gagner si elle veut conserver sa place de pays le plus influent du monde. Ces nouvelles terres prises par Cook semblent alors être une bonne solution de replis. 

   Comme le trajet est long et périlleux, et qu’en plus  le pays fait face à une surpopulation carcérale, les autorités  trouvent une solution : Les représentants du pouvoir font le tour des prisons et proposent un choix simple aux  » misérables  » qui s’y trouvent. Ils peuvent soit rester derrière les barreaux en Angleterre jusqu’à la fin de leur peine, soit quitter le pays, libres, en embarquant pour la nouvelle colonie et repartir à zéro dans une autre vie. Cette proposition est également faite à tous les  » nuisibles  » de la société, comme les prostituées. La seconde option est évidemment choisie par la plupart des  » nuisibles  » et les bateaux se remplissent rapidement de personnes désireuses de quitter leur vie de malheurs et l’Europe.           Les premiers d’entre eux transportent mille personnes, dont seulement deux cent dix soldats. Ils arrivent dans le courant de l’année 1788 et se mettent au travail : il faut tout construire, tout organiser, tout créer.

      Avant le  départ, des cahiers sont distribués aux premiers colons. Ceux-ci reçoivent une tâche simple, mais  importante pour les autorités anglaises : écrire tout ce qu’ils observent dans ces nouveaux territoires encore largement inconnus.     En effet, seules les terres proches de la mer sont découvertes et le reste demeure un gros point noir sur les cartes de l’époque. On ne sait pas quelle est la taille de la colonie ni par quoi elle est habitée. C’est donc dans ce but que les premiers lettrés tiennent un journal où tout ce qui se passe sous leurs yeux, même les événements les plus banaux, est mis sur papier.

     Un jour, l’un d’eux se balade et observe un étrange animal, jusque-là inconnu. Celui-ci possède deux longues pattes arrière et semble muni de deux bras minuscules. Plus incroyable encore pour le colon : la bête abrite son petit dans une poche placée sur son ventre et se déplace en sautant avec sa progéniture ! Il dessine alors ce qu’il voit et va trouver un aborigène pour lui demander ce qui est représenté sur son dessin. Le chef local, qui ne parle évidemment pas l’anglais, lui répond  » kangaroo  ». Le sujet du Roi note donc ce nom au-dessus de son croquis et reprend la mer afin de rentrer au pays et faire état de ses découvertes aux autorités restées en Europe…..Une fois arrivé à Londres, il passe en revue tout ce qu’il a pu découvrir, jusqu’à arriver à la page du fameux  » kangaroo  ». Comme cela avait été le cas pour le colon en Australie, les personnes dirigeantes en Angleterre n’en croient pas leurs yeux et il faut insister pour qu’ils finissent par accepter que cet animal existe bel et bien. Le nom est depuis passé dans la langue anglaise, mais aussi en Français, en Néerlandais, en Allemand, etc. où des variantes de ce nom définissent le marsupial. Ce que ne savaient ni le colon, ni les personnes qui ont reçu le cahier du dessin, c’est que  » kangaroo  » dans la langue aborigène , cela se traduit par  » je ne comprends pas  » !. L’animal que nous connaissons tous aujourd’hui porte donc un nom qui émane d’un malentendu et d’une incompréhension mutuelle entre un chef local et un colon britannique.

Un  » olibrius  » ?

   » olibrius  » , bien sur , c’est le nom qu’on donne, dans la conversation familière, à l’homme étourdi et sans valeur qui veut faire l’important. Quand on a dit :  » c’est un olibrius  », on a résumé en un mot toute une série d’injures.

   D’où vient ce mot  ? 

  Il semblerait qu’Olibrius était un sénateur romain qui fut proclamé empereur par surprise, en 472, et que son incapacité fit descendre du trône après un règne du trois mois.  empereur romain

Mais ???

Tour du monde ?

   Navigateur à l’aura mythique, Fernand de Magellan Magellan(1480-1521) a pour réputation d’avoir exécuté la première circumnavigation de l’histoire.

   Pourtant, ayant trépassé avant la fin de son périple, Fernand de Magellan n’a pu réaliser le tour du monde dans sa globalité. Il faut savoir, néanmoins, que cette performance était loin de faire partie de ses préoccupations, au début de son voyage.

  Une mission bien précise

 Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’objectif initial de Fernand de Magellan n’était  pas d’effectuer un tour du monde, mais simplement de rejoindre les îles Moluques (faisant actuellement partie de l’Indonésie) pour en prendre possession au nom de la couronne espagnole.

   Ce territoire, producteur exclusif de girofle, avait ,en effet d’une importance capitale dans le cadre du commerce des épices.

  L’expédition du navigateur portugais, qui comprend 5 navires  bateau-magellan.jpg(dans lesquels embarquent, au total, 237 hommes), quitte Séville le 10 août 1519.

  L’objectif initial est simple : il s’agit de rejoindre l’archipel en passant le détroit situé au sud du continent américain (auquel Magellan lègue son nom), à l’aller comme au retour, pour gagner le plus de temps possible.

    Après avoir réprimé une mutinerie, l’équipage de Magellan arrive aux Philippines en mars 1521, après avoir traversé l’océan Pacifique durant 3 mois et 20 jours.

Magellan trépasse

   La satisfaction de Magellan est toutefois de courte durée, l’une de ses expéditions au sein de l’archipel philippin lui étant fatale.

   Alors qu’il se rend sur l’île de Mactan pour convertir le roi Lapu-Lapu au catholicisme, l’explorateur portugais reçoit, en effet, une flèche empoisonnée qui le condamne à la mort.

   » Orphelins  » de leur capitaine, les marins de l’équipage décident alors de continuer leur mission jusqu’aux îles Moluques, où ils font le plein d’épices, mais refusent de faire demi-tour, de peur de connaître une nouvelle mésaventure.

   C’est ainsi qu’ils poursuivent leur périple en empruntant la route africaine, avant de jeter l’ancre au Portugal (le 6 septembre 1522) réalisant, de manière accidentelle, la première  » circumnavigation  » de l’histoire.

   Il faudra attendre plus de 25 ans pour que l’explorateur anglais Francis DrakeF.Drake reproduise l’exploit, sans toutefois emprunter le détroit de Magellan, jugé trop dangereux.

Il ya environ …….

    249 ans : Le 26 décembre naissait le général Cambronne  Cambronne, celui auquel on attribue le fameux mot  ( me…de ) et une phrase non moins célèbre :   » La garde meurt mais ne se rend pas !  » lancé aux Anglais qui exigeaient de la  » Vieille Garde  » de se rendre sur le champs de bataille de Waterloo .


18 juin 1815. Napoléon  a fui.Napoléon 4

La bataille de Waterloo est perdue. Cernés de toutes parts, les bataillons de la Vieille Garde refusent de céder. A la tête de ces hommes, Cambronne. Ce général d’empire, qui s’est illustré durant les guerres napoléoniennes, refuse de se rendre en dépit des sommations anglaises : Le général ennemi, Colville  Colville, lui ordonne de déposer les armes. Il lui aurait alors fièrement répondu :  » La garde meurt mais ne se rend pas !  » Colville insiste encore, et c’est alors que Cambronne lui aurait répondu d’un court mais clair :  » Merde !  »
   Personne ne sait si ces mots ont été réellement prononcés. Mais les jours suivants la bataille, la légende prend corps dans la presse parisienne, puis à la Chambre des députés.    Le mot permettait surtout de se consoler de la défaite par un acte de bravoure mêlé de panache.
     Le  » mot  » devint aussitôt un élément de la légende napoléonienne, que Victor Hugo acheva d’immortaliser dans les Misérables , en écrivant :  » L’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, c’est Cambronne. Foudroyer d’un tel mot le tonnerre qui vous tue, c’est vaincre.  »

   Depuis le  » mot de Cambronne  » est resté une manière indirecte de dire m… dans une situation difficile.

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  Cambronne  » bref  » :

Pierre Jacques Étienne Cambronne né à Nantes le 26 décembre 1770 et mort à Nantes le 29 janvier 1842 ( 72 ans ! )   , est un ancien général d’Empire. Nommé major de la Garde impériale en 1814, il prend part à de nombreuses opérations militaires où il est blessé plusieurs fois. Ami fidèle de Napoléon Ier, il est nommé  » comte d’Empire  » par Napoléon et décoré du grand cordon de la Légion d’honneur. 

Qui répond …

Aux lettres adressées au Père Noël? 

   Chaque année, en France, plus d’un million d’enfants écrivent au Père Noël. Il n’y a même pas besoin d’affranchir les lettres avec un timbre : la poste accepte, dans ce cas précis, de s’occuper du courrier gratuitement. Que fait-elle de toutes ces lettres ? elles sont acheminées à Libourne, dans le sud-ouest de la France, où un secrétariat est chargé d’y répondre.
   Des modèles de réponse, pour aider les secrétaires
    Pour la petite histoire, la première réponse du Père Noël a été rédigé par une certaine… Françoise Dolto  F.Dolto. En 1962, lorsque le ministre de la poste a eu l’idée de créer le secrétariat du Père Noël, pour répondre aux lettres des enfants, il a en effet demandé son concours à sa soeur, Françoise Marette  ( plus connue sous le nom de son époux, Boris Dolto )… Aujourd’hui, sauf erreur, chaque enfant, et même chaque adulte reçoit une lettre du Père Noël en réponse à celle qu’il ou elle a envoyé. A une condition, évidemment : ne pas oublier de mettre son adresse sur l’enveloppe !

 

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     L’homme qui a sauvé la magie de Noël :

La Première guerre mondiale a bien failli avoir la peau du père Noël et de la magie de Noël. En effet, le gouvernement des États-Unis a voulu annuler les fêtes dans le pays en 1918. Il a fallu qu’un homme se lève pour sauver la trêve… mais il n’était pas confiseur.

     Cet homme s’appelle Alfred Carlton Gilbert. Avant la guerre, cet athlète accompli avait établi un record du monde de saut à la perche Galton 1 aux Jeux olympiques de Londres (1908). Mais surtout, il a fait fortune en inventant un jeu de construction en métal le futur  » Meccano  »  meccano, puis les coffrets de chimie amusante.
   En 1917, après l’entrée en guerre des Etats-Unis, les autorités réquisitionnent son usine pour fabriquer de l’armement. L’année suivante, le Conseil de Défense nationale décide d’interdire purement et simplement la fabrication de jouets et le gouvernement décourage l’achat de cadeaux pour inciter les Américains à soutenir l’effort de guerre.
Un jeu d’enfants pour convaincre les adultes
   C’en est trop pour A.C. Gilbert, qui part à Washington plaider la cause de tous les fabricants. Dans sa mallette, il emporte quelques échantillons de jouets qu’il compte présenter au Conseil pour appuyer son argumentation : il sait qu’il n’a que quelques minutes pour convaincre.
En fait, l’entretien dure trois trois heures… que les bureaucrates passent à jouer par terre ! Gilbert a gagné : il y aura bien des jouets à Noël au pied des sapins américains. D’autant plus que l’Armistice marquant la fin de la Grande guerre est signé un mois plus tôt, en novembre 1918.

 

 

 

 

Légende , réalité ?

Un étrange animal d’origine inconnue, venu s’échouer en 1934 sur la plage de Querqueville, à quelques kilomètres de Cherbourg et qui attira les curieux de toute la région, remit dans toutes les têtes la légende des monstres tapis au fond des mers, du  » kraken  » enlaçant les mâts au serpent de mer observé 162 fois ? entre 1522 et la fin du XIXe siècle, en passant par l’ichtyosaure qui serait un rescapé des temps préhistoriques
   La bête de Querqueville avait huit mètres de long, un cou allongé comme celui d’une girafe, une tête pareille à celle d’une tortue ; de fortes nageoires, dont une dorsale, toutes couvertes de poils... Des savants l’examinèrent et y  » perdirent leur latin  » .serpent de mer
    » C’est un cétacé  » , disait l’un.  » Pas du tout, disait l’autre, c’est un poisson.  »  Un vieux marin, qui a bourlingué au temps des grands voiliers sur toutes les mers du monde, est venu à son tour.  » C’est le vrai serpent de mer, a-t-il dit. Nous sommes plus d’un qui l’avons vu au cours de nos croisières. Mais celui-ci est un petit, a-t-il ajouté, il y en a qui ont jusqu’à quatre fois cette taille…  »

La légende du serpent de mer :
  On a beaucoup plaisanté à propos du serpent de mer. Ce serait du à un journal du temps de Louis-Philippe, le Constitutionnel, dont le directeur, le docteur Véron, était un personnage volontiers facétieux. Quand il manquait d’informations sensationnelles, il faisait venir un de ses rédacteurs :  »  Faites donc, lui disait-il, un article pour annoncer qu’on vient de rencontrer le grand serpent de mer entre Calais et Douvres.  » La nouvelle secouait un instant l’apathie de l’opinion. Mais, comme elle se reproduisait trop souvent, on avait fini par en rire, et l’on ne croyait plus à l’existence du serpent de mer.
   Pourtant, il est bien certain que le serpent de mer n’est pas un mythe ? !. Sans doute, il faut faire, dans tout ce qui a été raconté sur cet animal fantastique, la part de la légende.     Or, la légende du serpent de mer est vieille comme le monde.        On la trouve particulièrement dans les traditions norvégiennes. Tout le monde, en Scandinavie, croyait au serpent de mer. Pontoppidan, évêque de Bergen, en 1752, affirme que, toutes les fois qu’il mettait en doute l’existence du serpent de mer, chacun souriait comme on aurait souri s’il avait eu l’idée de douter de l’existence de l’anguille ou du hareng.

  Bête de Querqueville :
      L’archevêque d’Upsal , Olaüs Magnus, décrit le serpent de mer qui sort la nuit des rochers aux environs de Bergen ; il a, dit-il, une crinière, le corps couvert d’écailles, il se rue sur les navires,  » happant et traînant à lui tout ce qu’il trouve  ».     Les écrivains scandinaves parlent sans rire des six cents pieds de longueur du serpent de mer, de son épaisse cuirasse d’écailles. Sa tête, disent-ils, ressemble à celle du cheval. Tous lui attribuent  » une épaisse crinière, phosphorescente dans la nuit  ».
Dans la relation du second voyage au Groenland de Paul Egède, on lit que les marins, un jour, aperçurent un monstre s’élevant haut au-dessus de la mer, si haut que sa tête atteignit l’élévation du mât. Cette tête était pointue et le serpent rejetait de l’eau par un évent dont l’orifice était placé au sommet de la tête. Il n’avait point de nageoires mais des immenses oreilles qu’il agitait comme des ailes pour maintenir hors de l’eau la partie supérieure du corps.

Une autre description d’un voyageur  donne des détails sur le serpent de mer qui, comme il est advenu ces jours derniers à la bête étrange de Querqueville, alla naguère s’échouer mort sur une plage des îles Orcades. Celui-ci avait quatre-vingts pieds de long et quatorze de circonférence. Il portait une crinière longue et hérissée depuis le sommet de la tête jusqu’à la queue. Dans la nuit, cette crinière était lumineuse ; elle ternissait au jour. Deux espèces de nageoires de cinq à six pieds de longueur, et dont la forme tenait à la fois des ailes et des oreilles velues, se détachaient des côtés latéraux de la tête… La véracité de cette description fut constatée par des procès-verbaux dressés devant les autorités locales.
Pieuvres géantes :
    Mais dans les traditions des peuples du Nord, le serpent de mer a un terrible concurrent dans la personne du Kraken ou Soe-Trolden (fléau de la mer)Kraken, sorte de pieuvre géante qui, en enlaçant les mâts des navires avec ses longs bras garnis de ventouses, pouvait faire chavirer comme des coquilles de noix les vaisseaux les mieux assis sur leur quille. Quand le kraken venait à la surface, son corps couvrait l’espace d’un mille. De cette masse flottante sortaient des bras immenses qui se déployaient et se dressaient, semblables à des mâts.

   A ces épouvantables apparitions, les pêcheurs s’enfuyaient d’autant plus rapidement que, même hors de l’atteinte de la pieuvre géante, ils n’étaient pas à l’abri de tout danger. En effet, lorsque le monstre plongeait de nouveau après être resté quelque temps sur les flots, il déplaçait un tel volume d’eau qu’il occasionnait des tourbillons et des courants aussi redoutables que ceux du Maëlstrom, dans lesquels les navires étaient entraînés et disparaissaient à tout jamais…
  Tout cela, évidemment, est de la légende. Mais qu’est-ce que la légende, sinon la vérité grossie et déformée par l’imagination populaire ?

     Or, il n’est pas douteux que les navigateurs qui rapportèrent les récits d’où naquirent les fables sur le serpent de mer et sur le kraken n’avaient pas tous été victimes des divagations de leur cerveau.
Il est certain qu’il y a dans la mer des bêtes gigantesques qui vivent surtout dans les grands fonds ou dans certaines parties des océans peu fréquentées, et que peu de voyageurs ont rencontrées. On a vu quelquefois des pieuvres dont les bras n’avaient pas moins de huit mètres de long. De là la légende du kraken. Dans le premier quart du XXe siècle, dans les parages du cap Horn, on a signalé à plusieurs reprises un animal formidable ayant la forme d’une raie géante. C’était un  » diable de mer  », une bête énorme dont un seul coup d’aileron pouvait retourner un bateau.

Ceux qui ont vu le serpent de mer :
    Quant au serpent de mer, ses apparitions, signalées par des personnes dignes de foi, ne se comptent pas. Oudemans, un savant hollandais qui s’est attaché à recueillir les informations touchant ce géant des mers, a relevé, dans les rapports des navigateurs, cent soixante-deux observations du serpents de mer depuis l’année 1522 jusqu’au XIXe siècle. ! Il est bien évident que sur les cent soixante-deux marins qui prétendirent avoir vu le monstre dans cette période de près de quatre cents ans, il y en eut au moins quelques-uns qui n’avaient pas la berlue.?
    Quelques-uns des témoignages de la période couvrant la fin du XIXe siècle et le début du XXe : En 1888, deux officiers du navire américain Wisconsin virent le serpent de mer à trente milles à peu près de Saudy-Hook. Ils rapportèrent que son corps était verdâtre et qu’il avait au moins soixante pieds de long.
   Dix ans plus tard, le lieutenant de vaisseau de la marine française Lagrésille, commandant l’Avalanche, rencontra le serpent de mer dans la baie d’Along. C’est dans la baie d’Along également que, le 25 février 1904, un autre officier français, le lieutenant l’Eost , commandant la canonnière  »Décidée  », put observer le monstre. Les rapports très précis de ces deux officiers firent entrer la question du serpent de mer dans l’ordre scientifique.

 » Le Kraken »
  Le célèbre physiologiste Alfred Giard en fit l’objet d’une communication sensationnelle à l’Académie des sciences. Il ressort de ce document que le monstre fut pris d’abord pour une tortue gigantesque, de la couleur des rochers de la côte, flottant à la surface des eaux. Bientôt, on vit l’animal se développer sur une longueur d’une trentaine de mètres, plonger à diverses reprises sous le navire pour reparaître du côté opposé, remonter à la surface et rejeter de la vapeur d’eau par une de ses extrémités, enfin disparaître avant qu’on ait pu le photographier.
   L’équipage tout entier put cependant se rendre compte que sa longueur atteignait environ trente-cinq mètres sur un diamètre de trois à quatre mètres dans sa plus grande largeur. Sa peau était noire, semée de taches jaunâtres. Sa tête, de coloration grisâtre, recouverte d’écailles, rappelait vaguement celle d’une tortue. Les jets de vapeur d’eau semblaient émerger par des trous placés sur le sommet de la tête. Enfin, l’animal nageait en ondulant et plongeant avec une facilité et une vitesse extraordinaire.

D’après les indications données par les deux officiers, Alfred Giard estimait que la bête fantastique qu’ils avaient rencontrée dans la baie d’Along devait appartenir à un groupe d’animaux que nous considérons comme disparus, tels que les  » mosasaures » ou les  » ichtyosaures  ». Et le savant concluait :  » On a retrouvé dans le centre de l’Afrique certains animaux terriens que l’on croyait depuis longtemps disparus. Pourquoi ne pourrait-on retrouver aussi le mosasaure ou l’ichtyosaure qui, s’ils existent encore, ne peuvent vivre qu’à de très grandes profondeurs dans la mer et n’apparaître à la surface que très rarement et comme par accident ?  »
Depuis lors, la bête fantastique est apparue encore plus d’une fois. L’Armadale Castle, capitaine Robinson, la rencontra dans l’Atlantique. Le célèbre écrivain anglais Rudyard Kipling était à bord et eut tout loisir d’observer l’animal. Quelques années plus tard, le comte Crawford, croisant au large du Brésil avec son yacht Walballa, le vit également. Il était, déclara-t-il,  »d’une couleur vert foncé  » ; son corps, long d’environ dix mètres, émergeait d’une soixantaine de centimètres hors de l’eau. Son cou, long de deux mètres cinquante, était surmonté d’une énorme tête de tortue.
   Des observations furent faites par un pêcheur de la Colombie Britannique, et par deux officiers du paquebot Mauretania qui, le 13 février 1934, aperçurent dans la mer des Caraïbes un immense reptile marin dont le corps, déclarèrent-ils, paraissait large de six pieds et s’étirait sur quarante-cinq pieds de long en surface visible. Et, toujours, les descriptions du monstre concordent d’une façon à peu près générale avec celles qui furent faites à toutes les époques antérieures.
Après l’ichtyosaure, le plésiosaure:
      Mais, comme si l’énigme du serpent de mer ne suffisait pas pour exciter les curiosités de la foule, on vit dans les années 1930 toute la Grande-Bretagne et même le reste de l’Europe se passionner à propos d’une bête fantastique qu’on aurait rencontrée dans le Loch Ness, au nord de l’Ecosse. A cette nouvelle, les foules affluèrent dans la région ; les hôtels d’Inverness, la ville la plus proche du lac, regorgeaient de voyageurs. Sur les rives, d’innombrables opérateurs de cinéma avaient braqué leurs appareils, attendant l’apparition du monstre ; et les détails sur cet animal d’apocalypse emplissaient la presse du monde entier.

Un émule de Barnum avait même promis la forte prime à qui lui amènerait vivante cette bête fabuleuse oubliée par le déluge. Mais ce monstre du Loch Ness n’était pas le premier  » serpent de lac  » qui eût occupé l’opinion. Il semble, d’ailleurs, en l’occurrence, que c’était plutôt d’un saurien que d’un serpent qu’il s’agissait. L’animal, en effet, devait être amphibie, puisqu’on avait relevé, sur les rives, les traces énormes de ses pattes.
    Or, en 1922, en Patagonie, des chasseurs suivirent la piste d’un animal fantastique, formidable saurien au long col, qui leur échappa en plongeant dans d’immenses marécages, et qui n’était autre, dit-on, que le  » plésiosaure  ».

      Y aurait-il donc encore, de par le vaste monde, des animaux gigantesques que le déluge aurait oubliés ? lol