» En avoir marre  » ?

    Il est vrai que c’est  » un peu  » mon cas ces derniers jours ( mais c’est assez courant n’est ce pas ? ) . Bref , je me suis demandé d’où venait cette expression …..

avoir-marre (1)

On dit aussi :  » Trop c’est trop. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase  » etc ….

  En cherchant , je fut bien  » marri  » lol  En effet, ce ne sont pas une, ni deux hypothèses que j’ai trouvées , mais une dizaine.

Par exemple , une  de ces théories  fait remonter le mot marre au mot  » marrement  », qui signifiait chagrin du 11ème  au 13ème  siècles,  » marance  » , pour affliction, faute légère entre le 12ème  et 14ème  siècles ou encore  »marrissement  », qui s’utilisait dans le sens de déplaisir  jusqu’au 16 ème siècle …

________________________

 De l’arabe andek,  » tu as eu  » ?
Il y a aussi , comme souvent ,l’éventualité d’un emprunt à l’arabe  » andek ‘ =   » tu as eu  », marra  » une fois  » , c’est-à-dire  »  ça suffit  », le mot marre a donc  plongé les lexicologues  dans un marasme de conjectures, très loin de la marrade…lol 

 Selon le lexicologue Alain Rey , le mot marre serait issu du terme d’argot mar, maré courant  au 19 ème  siècle. Il se serait  d’abord employé dans le sens de jeton, puis gage, gain, part due au 15 ème siècle.  » Avoir son mar  » , c’était donc  » avoir son compte  » ,  » avoir ce qu’il faut  ». Plutôt marrant, n’est-ce pas ?

   J‘ai lu aussi que le mot marre serait  issu de l’ancien verbe  » se marer  » qui signifiait s’ennuyer. Un terme qui semble avoir un  lien de parenté avec notre actuel verbe se marrer. C’est à lui que l’on devrait, par antiphrase ( =  emploi d’un mot, d’une phrase dans un sens contraire à la véritable signification, par ironie ou par plaisanterie.) , l’idée d’un  » amusement  », d’un  » rire sans retenue  ».

Allez , c’est bon là , j’arrête mes débilités et monte me coucher …..

 

 » Jeter le froc aux orties  » ?

   J’ai entendu une personne employer cette expression cet après midi : Je ne connaissais pas ….Alors ?? :

 Après recherches  » ici et là  »

   Cette expression  s’emploie , par extension, pour désigner l’acte de toute personne qui, par inconstance ou par découragement, renonce à exercer une profession ou à terminer ce qui était commencé.……..

   Au sens propre, ( comme chacun sait )  c’est se dépouiller de la robe ecclésiastique pour prendre le costume civil, c’est-à-dire quitter l’église pour reprendre un rang dans le monde  » social  ». Avant d’employer le mot froc, on appelait  » floc  » une houppe placée au capuchon du manteau des gens d’église. Finalement , froc a servi à désigner la partie de l’habit monacal qui couvre la tête et tombe sur l’estomac et sur les épaules ; ce n’est que, par extension, qu’ on a appliqué ce mot au vêtement tout entier.

( illustration trouvée sur le net ) 

 Ainsi donc,  » prendre le froc  », c’est se faire religieux ; porter le froc, c’est être moine et quitter le froc ou jeter le froc, c’est sortir du ministère de sa propre volonté ou malgré ses supérieurs.

    Le mot orties qui complète cette phrase, il a dû y être ajouté pour donner à entendre que le moine qui quittait le froc le faisait avec un tel empressement qu’il laissait accrocher et déchirer son vêtement aux orties qui bordaient les haies des champs et les murs des maisons et qu’il semblait ainsi se débarrasser de son froc en s’enfuyant.?

 Les exemples de l’emploi du mot froc sont assez nombreux  :  On le rencontre d’abord chez un auteur du XVIe siècle, Régnier (1573-1613) qui l’a mis dans ce vers de sa satire  :  » Il n’est moine si saint qui n’en quitta le froc  », et dans une autre  satire  :  »  L’on se couvre d’un froc pour tromper un jaloux.  » . 

     Boileau  Boileau(1636-1711) l’a aussi mis   dans ces vers :

 » L’ambition partout chassa l’humilité
  Dans la crasse du froc logea la vanité. »

et dans une autre  satire , on trouve ces autres vers à l’adresse d’un homme versatile et changeant facilement d’état ou de parti :

 »Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc,
Aujourd’hui dans un casque et demain dans un froc.  »

On peut encore citer les deux vers de Gresset  Gresset, ( poète du XVIIIe siècle  )  qui, après avoir débuté dans l’état ecclésiastique, le quitta en 1735, et  laissa ses réflexions à ce sujet sous la forme poétique :

 » Je laisse au froc la vertu trop fardée,
Qu’un plaisir fin n’a jamais déridée.  »


    Pour terminer : Deux exemples ; le premier, ( emprunté à Grimm ) , l’un des plus célèbres critiques du XVIII
e siècle et auteur de contes très appréciés, voici la phrase :  » M. de Mirabeau ne voit dans un moine qu’un homme qui vit de cinq sous par jour et voilà ce qui concilie son estime pour le froc.  » Sainte-Beuve , un auteur contemporain, écrivait ceci sur Rabelais qui avait, comme Gresset,  » tâté  » de l’état ecclésiastique :  »  Rabelais quitta l’habit régulier, c’est-à-dire monacal, pour prendre l’habit de prêtre séculier ; il jeta, comme on dit, le froc aux orties et alla à Montpellier pour étudier la médecine.  » Si, quittant les poètes, on veut chercher l’emploi de ce mot froc parmi les prosateurs, nous trouvons chez

   D’autres écrivains ( pas poètes ) l’ont employé aussi :

    Madame de Sévigné (XVIIe siècle) cette phrase :  » J’espère bien jeter un peu cet hiver le froc aux orties dans notre jolie auberge.  » Puis,  Lesage (1668-1747) a écrit :   » Je vous dirai que j’ai le dessein d’en faire un moine ; je le crois né pour le froc.  » Ailleurs, il se sert encore de cette expression :  » Il ne me croyait pas homme à pousser la dévotion jusqu’à vouloir prendre le froc.  »

   De toutes ces citations,(  prises un peu partout ), il faut remarquer que le mot froc était du XVe au XVIIIe siècle d’un usage très fréquent, mais que, s’il n’est plus employé de nos jours, il a servi au moins à former deux mots dont l’un, aujourd’hui démodé,  » frocaille  », désignant les gens de froc, a été employé par Piron Piron, poète du XVIIIe siècle dans les vers suivants :

  » Tremblez, méchants ! la frocaille en tumulte
 » Passait déjà de l’espoir à l’insulte ! »

    L’autre mot formé du mot froc est le mot défroque d’un emploi un peu vulgaire, il est vrai, mais qui est utilisé  définitivement pour désigner de vieux habits, tout râpés et rapiécés. On emploie toujours cette expression avec une idée de mépris
.

………..
    Là dessus , je me  » défroque  » et essaie de dormir …..
    A ce soir …..peut- être ……

Le liège …..

  Récoltée de manière artisanale, cette matière naturelle est aujourd’hui  concurrencée par le plastique et l’aluminium, moins chers. Mais pour certains fabricants, ses qualités restent incomparables.
‘ Rien ne remplace le liège !  »  Thierry Sansot, directeur Vignes et vins de Rhonéa, une coopérative en côtes-du-rhône qui produit 8 millions de bouteilles par an, est catégorique. Il choisit les bouchons qui fermeront ses grands crus bouchon de liège bouteille sur échantillon, examine l’aspect, palpe la souplesse, coupe en deux pour vérifier la densité, l’absence de trous et de poussières.  » Pour nos gammes premium, nous choisissons deux fournisseurs pour une même cuvée, afin de diminuer les risques. Le liège est une matière vivante, donc soumise à l’aléatoire.  »
   Le liège fermait déjà les amphores amphoreil y a plus de 2 000 ans !
    Même si le liège a fait ses preuves depuis plus de deux mille ans pour fermer les amphores, et, de nos jours, les bouteilles, il  arrive qu’il héberge des molécules indésirables responsables du goût de bouchon, cette odeur de moisi ou de cave gâchant la dégustation. La principale est le  » TCA  », ou 2,4,6-trichloroanisole ??, né de la rencontre d’un phénol (naturel) et de chlore issu d’un pesticide ou d’un bois traité. Ce composé est si puissant qu’il suffit d’1,5 nanogramme (milliardième de gramme) dans une bouteille pour qu’elle finisse dans l’évier. Entre 3 et 5 % des flacons seraient ainsi condamnés. Un chiffre en baisse car les fabricants auraient fini par trouver la parade.

   Les bouchons destinés aux bonnes bouteilles sont contrôlés un à un
 » Amorim  », groupe portugais numéro 1 mondial du bouchon de liège, y a consacré 10 millions d’euros.  » Nous avons d’abord étudié l’influence du bouchon sur l’évolution du vin et sa perméabilité à l’oxygène et aux composés organiques volatils  » , a déclaré le  directeur Recherche et développement de cette maison familiale fondée en 1870.    Car, contrairement à une idée reçue, les échanges gazeux entre l’intérieur de la bouteille et l’atmosphère de la cave où elle est entreposée sont infimes. Le rôle du bouchon est justement de les empêcher ; aussi doit-il garder une élasticité suffisante pour continuer à coller au verre du goulot.      Étape après étape, le fabricant a diminué les risques : pas d’écorce prélevée trop près du sol, des passages successifs en étuve, de l’ozone pour supprimer les odeurs et, plus récemment, le passage sous un chromatographe capable de déceler le TCA au-delà de 5 nanogrammes. Les bouchons destinés aux bonnes bouteilles sont contrôlés un à un. Son concurrent français Oeneo mise sur une autre technologie, élaborée avec l’aide du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) : l’utilisation de CO2 supercritique. Mis sous pression et porté à une température supérieure à son seuil critique, le dioxyde de carbone est un solvant non toxique qui purifie le liège sans le dénaturer. Diam Bouchage, la filiale qui a conçu le procédé ( le liège est réduit en farine puis moulé ) a ouvert sa troisième unité de fabrication en 2014.           Elle a aussi créé un nouveau bouchon, toujours fait de poudre de liège, mais dont le liant qui agrège les particules n’est plus en polyuréthane mais à base de végétaux. Le bouchon est rendu étanche grâce à quelques gouttes de cire d’abeille.

   Les capsules d’aluminium sont perçues comme bas de gamme en Europe
Comme le reconnaît Carlos de Jesus, directeur de la communication et du marketing d’Amorim,  » pendant quelques décennies, faute de concurrence, le secteur n’a pas beaucoup travaillé sur les bouchons  ». Après guerre, quand le vin s’est vendu davantage en bouteille et non plus à la tireuse, les industriels du liège ont vécu des années prospères, jusqu’à l’arrivée des capsules en aluminium  capsule aluet des bouchons en plastique. À partir des années 1970, les vins dits du Nouveau Monde ( États-Unis, Australie, Afrique du Sud, Nouvelle- Zélande, Chili, Argentine ) commencent à exporter . Faits avec un seul cépage, ils sont peu chers et sont bouchés avec une capsule d’aluminium. Si le procédé est perçu comme bas de gamme en Europe, il est vite adopté dans les pays anglo-saxons et scandinaves.  » C’est un excellent obturateur, plaide Thierry Sansot. Nous l’utilisons pour le muscat depuis quarante ans et nous n’avons noté aucun frein au vieillissement.  »  Il ne boude pas non plus le plastique :  »  si on est contraint par le prix, mieux vaut un bon synthétique qu’un liège bas de gamme.  » 

    Qui gagnera ?

    Chez  » Vinventions  » , on vend tous les matériaux, en particulier un bouchon synthétique dont les polymères sont à base de sucre de canne. Fabrice Chevallet, son vice-président ventes et marketing Europe, affirme que la part des synthétiques et des capsules a doublé en dix ans, et continuera de grimper dans les pays qui ne sont pas attachés à la tradition du débouchage. Mais que serait le plaisir de la dégustation sans le  » pop  »  popqui la précède ?

Quatre étapes clés de la fabrication du bouchon de liège :
   1 ) Un mode de récolte ancestral. Depuis deux mille ans, l’écorce du chêne-liège est ôtée à la hache. Ce n’est qu’au bout de quarante-trois ans, à la troisième récolte, que le liège finit en bouchon. Il faut attendre neuf ans pour la récolte suivante.


   2 ) Un séchage naturel. Une fois récoltées, on empile les écorces au soleil pendant six à dix-huit mois pour les sécher, les faire s’oxyder afin qu’elles perdent leurs tanins, leurs sels minéraux et qu’ainsi le liège soit plus neutre.
   3 ) De la vapeur, pour désinfecter. Les écorces passent dans des étuves pour être nettoyées des bactéries et des parasites qui provoquent le goût de bouchon. Au passage, le liège se dilate et devient plus souple. Il séchera de nouveau au soleil.
   4 ) Un façonnage à l’emporte-pièce. Quand l’écorce est assez épaisse et sans défauts (trous, rainures), on  » tube  » le bouchon avec un emporte-pièce, à la main. Les lots sont testés pour déceler la présence de TCA, la molécule qui donne le goût de bouchon. 

 

  ___________________________________________

Pour le  » fun  » , finir ce billet NUL !

La bûche de Noël ?

  Pourquoi le dessert à Noël est souvent une bûche ( patissière ou glacée ) ? D’où vient cette coutume / tradition ?

 Origines de la bûche de Noël :

   Tout comme la dinde, le foie gras et les huitres, la bûche de Noël fait depuis longtemps partie des incontournables des repas familiaux ( presque tous ! ) et se consomme lors de la fête de » la Nativité  » .

Une tradition païenne du Moyen Âge ?
    Si la bûche de Noël fait aujourd’hui partie intégrante des vieilles coutumes culinaires de la fête de Noël , c’est parce que cette pratique était déjà très courante au Moyen Âge.

Il n’y a pas de date précise concernant la mise en place de cette tradition. Mais il semble certain  qu’elle est d’origine païenne et qu’elle se rencontrait surtout dans le nord de l’Europe.

Faisant partie des rites cérémoniels du feu, la buche était alors appelée  » Yule, Licht, ceppo, ou tréfeu  » selon la région. Cet évènement célébrait à cette époque l’arrivée du solstice d’hiver. En effet, comme le solstice annonçait l’arrivée de la très longue et rude période hivernale, chaque foyer brulait de grosses rondelles de bois pour tenir les maisons au chaud. Et une fois l’énorme bûche de bois coupée et ramenée au logis, maîtres, domestiques, parents, familles, proches et voisins se retrouvaient de manière conviviale autour de ce grand feu.

C’est vers le douzième siècle,que la pratique aurait été reprise par l’Église catholique.     Mais cette fois-ci, pour donner un caractère chrétien à ce rituel, les buches étaient arrosées d’eau bénite par les religieux avant d’être brulées. Le feu devait être alors alimenté de manière régulière, mais surtout il devait brûler continuellement dès le 24 décembre au soir, jusqu’à l’épiphanie.fire Et selon la tradition, c’était aux jeunes filles de la famille que revenait la responsabilité d’allumer la bûche, à l’aide de restes de tisons des bûches du Noël précédent, précieusement gardés !

La bûche de bois transformée en pâtisserie :

     La sélection du bois pouvant faire office de bûche ne se fait pas au hasardA l’origine de cette tradition, ce sont les arbres fruitiers comme le merisier et le pommier qui étaient les plus utilisés. En plus, privilégier ces essences de bois, c’était aussi s’assurer d’une très bonne récolte l’année suivante. Le choix et la coupe de la tronche d’arbre est alors une véritable affaire de famille : la participation tant des grands que des petits était très sollicitée.

Sinon, toujours dans le respect de la tradition du bois, il devait être coupé avant le lever de jour et il devait être décoré de feuillage avant de le brûler. D’ailleurs, pendant sa combustion dans l’âtre de la cheminée, on n’hésitait pas à l’arroser de vin et de sel pour conjurer les mauvais sorts. Au dix-neuvième siècle lorsque les grandes cheminées ont cédé leur place à des systèmes de chauffage plus modernes comme les poêles en fonte, les grosses bûches ont été alors remplacées par une petite rondelle de bois.

    Les bûches ont alors été décorées de mousses en rappel de cette vieille coutume, mais aussi en guise de décoration de Noël sur les tables de repas pendant la veillée et les repas de Noël. Et c’est aussi à cette époque qu’un pâtissier français de la région Poitou-Charentes décida de remplacer la bûche par une pâtisserie.               Toutefois, c’est seulement en 1945 que la bûche de Noël fut présentée sous la forme que nous la connaissons aujourd’hui :  un gâteau roulé buche pâtissière. Traditionnellement, cette gourmandise est composée de biscuit génoise couvert de crème au beurre et décoré de feuilles de houx. Mais aujourd’hui, ce gâteau se décline en mousse de fruits, en génoise au chocolat, en nougats glacés, ou en tiramisu.

Aller au diable, au diable Auvert ou Vauvert……….?

 Ne vous emm….pas à mettre un commentaire , j’ai l’habitude maintenant

Diable-Vauvert  »Aller loin, Aller se faire voir  ». L’expression signifie à l’origine faire une expédition dangereuse
    Auvert est une corruption de Vauvert ; on disait autrefois :  »Aller au diable Vauvert  ». Le V a été mangé dans la rapidité du discours, et il a fini par disparaître, si bien qu’on a été amené à couper en deux, pour lui donner une sorte de sens, le reste du mot : auvert. Le château de Vauvertchâteau Vauvert ou Val-Vert situé près de Paris, du côté de la barrière d’Enfer, avait été habité par Philippe-Auguste après son excommunication ; il passait depuis cette époque pour être hanté par des revenants et des démons. Le roi Saint-Louis, pour désensorceler ce château, le donna aux Chartreux en 1257.
   En effet, près de l’emplacement où est actuellement construit l’Observatoire de Paris, le roi Robert (Xe siècle) avait jadis fait bâtir une habitation de plaisance dans un lieu appelé Vauvert, c’est-à-dire val vert, » vallis viridis  », vallée verdoyante (al se prononçait alors au). La maison fut, dans la suite, abandonnée, en voici la raison :

   Non loin de cette propriété, il y avait des carrières où le vent s’engouffrait avec un grand bruit et le peuple d’alors, qui était tout bourré de superstitions, croyait que tous les diables de l’enfer se réunissaient dans cet endroit. Les Chartreux Chartreux qui logeaient près de là, dont la maison fut détruite en 1789 et les jardins réunis au Luxembourg, convoitaient cette propriété et, pour se la faire donner, ils exploitèrent la terreur qu’inspiraient ces carrières. Ils mirent ainsi le diable de leur côté, comme le meilleur moyen d’arriver à leurs fins !.

   Ils exploitèrent tant et tant la frayeur causée par un tel vacarme dans les environs du vieux château, que bientôt personne n’osa plus en approcher. Aussi, l’opinion générale fut-elle que les moines seuls étaient capables de conjurer les esprits infernaux et de disputer la maison aux revenants. Saint Louis (XIIIe siècle) fut même tout heureux de rencontrer ces bons moines pour se débarrasser d’une propriété si gênante.
     Voici l’extrait de cette donation telle qu’elle se trouve dans le Dictionnaire de Paris, de Hurtaut et Magny  :  » Le roi leur accorda la demande et non seulement leur donna l’emplacement de l’hôtel de Vauvert, mais encore toutes ses dépendances et ses appartenances. Non seulement il leur laissa la maison, mais encore les terres et les vignes où il les avait établis à Gentilly.  »

Un 25 octobre….

    Le 25 octobre 1836, était érigé à Paris, sur la place de la Concorde, un obélisque en provenance du temple pharaonique de Louksor (Égypte) et vieux d’environ 4 000 ans (on peut le considérer parait il , comme  » le plus ancien monument de Paris  »).

 Illustration :

obelisque 1

 

 

  L’obélisque est le deuxième » cadeau diplomatique  » du Wali ou vice-roi d’Égypte Méhémet Ali à la France. Le 9 juillet 1827, sous le règne de Charles X, Paris avait déjà accueilli un girafon répondant au  » doux nom de Zarafa  », premier animal de son espèce à fouler le sol français.

  Reprenant une tradition bimillénaire inaugurée à Rome par l’empereur Auguste, , qui eut le premier l’idée d’utiliser les obélisques égyptiens comme décor urbain, le wali propose à la France et à l’Angleterre de leur faire cadeau des deux obélisques d’Alexandrie en remerciement pour leur contribution à la modernisation du pays. Mais en connaisseur avisé, l’égyptologue Jean-François Champollion lui suggère d’offrir plutôt à la France les deux obélisques de Louksor.

  Ces deux obélisques avaient été édifiés à l’entrée du temple de  Louksor au XIIIe siècle av . J.-C. par Ramsès II. Il était  en effet habituel que les pharaons fassent ériger à l’entrée de leurs temples, deux obélisques sur lesquels étaient gravés leurs exploits et leurs hommages aux dieux, en premier lieu Amon, dieu du soleil. Ces monuments, qui symboliseraient un rayon de soleil pétrifié, sont le point de contact entre le monde des dieux et celui des hommes.

  Sculpté dans un monolithe de granit, l’obélisque occidental, celui qui fut choisi pour être le premier transporté à Paris, mesure 22,84 mètres et pèse près de 230 tonnes.

 

Exploit technique :

     Il fallut plus de sept ans pour le démonter  et le transporter en bateau, d’une traite, de Louksor au quai de la Concorde, au centre de Paris… sans le briser. Ces opérations, que beaucoup pensaient impossibles à l’époque, sont conduites à bras d’hommes et avec de simples machines à poulies.

      Le bois et les ateliers étant absents en Égypte, on construisit les machines en France, sur les plans de l’ingénieur de marine Apollinaire Lebas, et remontées sur place. Elles permettent de coucher l’obélisque puis de le faire glisser sur quatre cents mètres jusqu’au Nil. Là, l’obélisque est chargé sur le Luxor.

    Ce navire de transport a été aussi construit en France, à Toulon. Il a un fond plat, un faible tirant d’eau et cinq quilles pour supporter la haute mer, ainsi que trois mâts démontables pour pouvoir passer sous les ponts de la Seine. Sa poupe détachable permet de charger le monolithe par l’arrière.

   Commandé par le lieutenant de vaisseau Raymond de Verminac Saint-Maur, assisté du polytechnicien Léon de Joannis, qui va  » croquer  » , dessiner  sur ses carnets toutes les étapes  de l’expédition, le Luxor descend le Nil sur 750 kilomètres, jusqu’à son embouchure. On doit arroser régulièrement la coque et les mâts pour éviter que le bois n’éclate sous l’effet de la chaleur

    Enfin, le 2 janvier 1833, à Alexandrie, le navire de transport est arrimé au Sphynx,  ( la première corvette à vapeur de la marine française ) , qui va le remorquer à travers la Méditerranée jusqu’à Toulon puis de là jusqu’au Havre à travers le détroit de Gibraltar et l’océan Atlantique. Sur la Seine, le Luxor est halé par un équipage de vingt-huit chevaux jusqu’à Paris. 

    La presse a suivi pas à pas les travaux et le voyage. Le plus difficile reste à faire : il faut décider de l’endroit où l’ériger ! La polémique fait rage. Certains penchent pour la place de la Bastille, d’autres pour le Louvre, d’autres encore pour le pont Neuf, au milieu de la Seine… Finalement, le nouveau roi Louis-Philippe 1er louis philippe 1er, dans un souci d’apaisement, tranche en faveur de la place de la Concorde. 

   ( Conçue en 1763 par l’architecte Anne-Jacques Gabriel dans le prolongement du Louvre et des Tuileries, sous le nom de place Louis XV,  place qui a d’abord servi d’écrin à la statue du roi. Rebaptisée place de la Révolution sous la Convention, en 1792, elle a accueilli la guillotine et vu l’exécution de Louis XVI. Après la Terreur, elle a pris son nom actuel, de place de la Concorde. On peut dire que l ‘obélisque consacre sa réhabilitation.)

   Le jour venu, l’érection se déroule sous les yeux d’une foule ébahie : Environ 200 000 personnes et du roi en personne, au balcon de l’hôtel de la Marine. Après trois heures de tension et de silence respectueux, sous la direction d’Apollinaire Lebas, l’obélisque est enfin dressé. C’est alors l’explosion de joie tandis que cent musiciens interprètent les Mystères d’Isis de Mozart.

installation obélisque

 Les difficultés de l’opération dissuadèrent les Français d’aller chercher aussi le deuxième obélisque. ( Ce qui est aussi bien :. Il honore comme il se doit le temple auquel il est consacré.) Quant aux Anglais, ils ont aussi renoncé à l’obélisque de Karnak, encore plus grand, qui leur avait été offert.

çà s’est passé ….

  Il y a environ 437 ans , le 15 octobre 1582 :

   Naissance du calendrier grégorien :

Cette réforme, qui avait nécessité 10 années de travail de l’astronome italien Luigi Lilio, fut mise en oeuvre en France le 9 décembre 1582, qui devint le 20 décembre !

 Le calendrier ? 

Le mot calendrier vient de celui de calendes, qui dérive à son tour du mot latin  » calare  » , que les Romains avaient tiré d’un mot grec qui signifie  » appeler  ».

  L’ origine de cette  » dénomination  » était relative à ce qui se passait dans l’ancienne Rome le jour des calendes : On appelait le peuple au Capitole pour lui annoncer à chaque mois la première apparition de la lune et le  »quantième des nones  »  ( date du mois correspondant au 9ème jour avant les ides, dans le calendrier romain ) . Le premier jour de chaque mois était celui des calendes. C’étaient des jours célèbres pour l’échéance des paiements et par les époques des contrats.

Le nom de calendrier s’est perpétué jusqu’à nous, bien que l’usage des calendes soit devenu inutile. La nécessité d’un calendrier a été sentie par tous les peuples. Mais il ne suffisait pas de sentir cette nécessité,  des siècles d’observation,  beaucoup de calculs furent nécessaires  pour parvenir enfin à rédiger un calendrier qui eût quelque mérite. On n’imagine pas le travail qu’a nécessité celui dont nous nous servons.

A l’origine , le calendrier romain avait été formé par Romulus, et mis en meilleur ordre par Numa Pompilius, et il appartenait à un des grands hommes de l’empire de contribuer à ce travail , le  perfectionner  : Sosigène, célèbre mathématicien d’Alexandrie, développait les avantages de cette réforme, et demandait que le calendrier s’appelât dorénavant  » la correction julienne  ». Il en fut ainsi, et l’année julienne commença quarante-cinq ans avant la naissance du Christ. Quelques changements y furent faits  au concile de Nicée, l’an 325. Les conciles de Constance en 1414, de Bâle en 1439, et de Latran en 1516, s’occupèrent de cette question.        Nicolas V, et trente ans après, Sixte IV, donnèrent des soins à cette controverse. Sixte IV employa le célèbre mathématicien Regio Montanus. Le concile de Trente, enfin, remit toute l’affaire au   » pontife suprême  » .

Sous Jules César on avait approché du but, mais on ne le touchait pas tout à fait ; car, pour qu’il n’y ait pas de mécompte, il aurait fallu que le temps employé par la Terre à parcourir son orbite soit exactement de trois cent soixante-cinq jours et six heures ; mais il s’en faut d’environ onze minutes, et cette quantité, quoique très petite, répétée pendant un très grand nombre d’années, devint si considérable, qu’à la fin du XVIe siècle les équinoxes étaient avancées de dix jours. Voici comment ce fait est expliqué :

Les onze minutes négligées dans la réformation de Jules César, et non observées par le concile de Nicée, après cent trente-trois ans formaient un jour de vingt-quatre heures : en quatre siècles, cela donnait trois jours. De l’époque de la correction nicéenne, en 325, jusqu’à la dixième année  du pontificat de Grégoire XIII en 1582, il s’était écoulé mille deux cent ans, qui contiennent à peu près dix fois le nombre cent trente-trois ; il s’ensuivait directement que l’équinoxe d’hiver ou de printemps, lequel, au temps du concile de Nicée, tombait entre le 20 et le 21 mars, avançait de dix jours, et tombait entre le 10 et le 11 du même mois : ce qui introduisait de la confusion pour la fête de Pâques, laquelle, par ordre du concile de Nicée, doit se célébrer le dimanche qui suit la quatorzième lune tombant dans l’équinoxe d’hiver, entre le 20 et le 21 mars.!!!!???? ( là : Moi = rien compris !)

  Donc, pour mettre fin à ce désordre, qui avait occupé tant d’hommes habiles, Grégoire XIII fit rassembler à Rome les plus célèbres mathématiciens, parmi lesquels on distinguait le cardinal Sirleto ; Ignace Numal, patriarche des Syriens ; Pierre Chacon, prêtre appelé le Varron de l’Espagne ; Ignace Danti, dominicain de Pérugia ; Antoine Lilio, médecin calabrais ; Vincent Lanri, Napolitain,  Christophe Clavius, jésuite allemand, appelé l’Euclide de son temps ; Jacques Mazzoni, célèbre homme de lettres de Césène.

  Luigi Lilio (1510-1576), Calabrais et fameux astronome, après un travail de dix ans, avait trouvé la forme de la correction de l’année solaire ; mais étant mort il avait laissé son travail à son frère Antoine ,qui  présenta le Mémoire à Grégoire XIII, le priant de lui accorder le privilège de l’impression en récompense des veilles de son frère. Le pape y consentit et envoya le livre imprimé à tous les souverains de l’Europe, les priant de le faire examiner par tous les mathématiciens de leurs pays. Tous ou presque tous applaudirent à ce travail si fortement raisonné, louèrent les calculs de Lilio et l’acceptèrent avec empressement

Alors Grégoire publia pour ordonner l’adoption de cette réforme, une constitution commençant ainsi : » Inter gravissimas  », et qui est datée de Frascati le 24 février 1582. Il y ordonna qu’à dater du 5 octobre inclusivement, de la même année, on supprimât dix jours, et qu’ainsi le 6 octobre devînt le 15 du même mois : ce qui rétablissait l’ordre pour le temps passé. Dans le but  de pourvoir ainsi à ce qui pourrait arriver pour les onze minutes que Jules César et le concile de Nicée avaient négligées, et qui reviendraient plus tard, causer la variation des équinoxes, le pape ordonna que tous les cent ans à dater de l’an 1700 jusqu’à l’an 2000, on omettrait par siècle une année bissextile. Ainsi l’année 1600 le serait, mais les années 1700, 1800 et 1900 ne le seraient pas, et l’année 2000 le redeviendrait : cela faisait bien entendre que les ans 1600 et 2000 seraient de trois cent soixante-six jours, tandis que les années 1700, 1800 et 1900 n’en auraient que trois cent soixante-cinq.

c’était il y a …..environ ….

189 ans :

 

Le 4 octobre 1830

La Belgique s’émancipe sur un air d’opéra :

  La Belgique ,territoire sans unité nationale, périodiquement disputé par toutes les grandes puissances européennes depuis le Moyen Âge,  proclame son indépendance le 4 octobre 1830. C’est l’aboutissement d’une insurrection fomentée à la sortie d’un opéra !

   Le nouvel Etat va se mettre en place sous l’égide de la bourgeoisie francophone de Bruxelles.

Querelles de famille :

   C’est après la Révolution française et la chute de Napoléon Ier,que  l’Angleterre impose au Congrès de Vienne (1814-1815) la réunion de la Belgique et de la Hollande (ex-Pays-Bas espagnols et Provinces-Unies) sous le nom de  »Royaume-Uni des Pays-Bas  ». Londres espère que cet État-tampon empêchera la France de se relancer à la conquête de l’Europe.

    Mais dans le nouveau royaume des Pays-Bas, les Belges se plaignent sans cesse  d’être traités en citoyens de second rang alors qu’ils sont plus de 3,5 millions face à 3 millions de Hollandais et que leur territoire est la partie la plus riche et la plus industrialisée du royaume.

   Il faut savoir que , 250 ans après la scission des Dix-Sept Provinces de Charles Quint et Philippe II de Habsbourg, les Belges ne se sentent peu d’affinités avec leurs  » cousins  » du nord.

  Catholiques, suite à la volonté de leurs anciens tuteurs espagnols et autrichiens, les Belges se distinguent des Hollandais, en majorité protestants de confession calviniste. Ils se montrent aussi bons vivants que les Hollandais paraissent austères, (à l’image de leurs peintres Rubens, Jordaens ou les Bruegel, que tout oppose aux peintres du nord, Rembrandt ou Vermeer.)

   Les bourgeois belges parlent français et regardent vers Paris tandis que les Hollandais » cultivent  » la langue de leur terroir et gardent les yeux rivés vers le grand large, n’hésitant pas à engager leur fortune dans le commerce des épices.

   Le roi Guillaume Ier s’efforce de ne faire aucune différence entre les Belges et les Hollandais ; mais il connaît aussi de graves maladresses comme d’imposer le néerlandais dans l’armée le 1er janvier 1823. En plus , son gouvernement ne compte qu’un Belge sur dix ministres ! 

 

  » Une révolution d’opéra  » :

Les partisans de la séparation d’avec les Pays-Bas décèlent une note d’espoir dans la révolution des  »Trois Glorieuses  » (27-28-29 juillet 1830) qui remplace à Paris un monarque – Charles X – par un autre – Louis-Philippe -.

Le soir  du 25 août 1830, à Bruxelles, le théâtre Royal (aujourd’hui théâtre de la Monnaie) donne une représentation de La Muette de Portici. Cet opéra d’Auber raconte un soulèvement des Napolitains contre les troupes de Philippe IV d’Espagne.

   Quand le ténor( Lafeuillade)  entonne le refrain : « Amour sacré de la patrie, rends-nous l’audace et la fierté » , le public s’enflamme et le reprend avec ferveur.     La tension devient telle que des émeutes se produisent à la sortie du théâtre.

   Des représentants de la bourgeoisie se réunissent alors  à l’Hôtel de ville et décident  de former une garde. Ils se donnent un drapeau tricolore avec les couleurs noir-jaune-rouge du Brabant, la région de Bruxelles. Certains souhaiteraient rattacher la Belgique à la France, comme au temps de la Révolution française. Mais cette éventualité est exclue par les chanceliers qui ne veulent pas que  la France conquérante de 1792 se reconstitue.

 

Un État en quête de définition :

 À défaut de mieux, les insurgés suggèrent au roi Guillaume Ier une  » séparation administrative  » de la Belgique et des Pays-Bas. Dans cette hypothèse, les deux moitiés du royaume ne seraient plus unies que par une allégeance personnelle à la dynastie hollandaise d’Orange-Nassau.

   Le roi fait la sourde oreille à ces propositions modérées mais propose de réunir des états généraux à La Haye. Cependant,franco la révolte s’emballe dans la Wallonie francophone. Liège, Namur et plusieurs cités ouvrières se soulèvent au chant de la Marseillaise et en arborant les couleurs bleu-blanc-rouge de la France. Sous la pression de la bourgeoisie bruxelloise, les Wallons se rallient quelques jours plus tard aux couleurs du Brabant et adoptent la  » Brabançonne  », l’hymne belge hâtivement composé pour la circonstance.

 À Bruxelles, les libéraux modérés qui tiennent l’Hôtel de ville sont débordés par le club révolutionnaire  »La Réunion centrale » animé par un certain Charles Rogier, arrivé de Liège avec 300 volontaires.

( Arrivée des volontaires )..

 

   Le roi Guillaume Ier demande alors  au prince Frédéric de marcher sur Bruxelles avec l’armée d’Anvers. Dans la ville, le 20 septembre, les insurgés s’emparent sans attendre des armes de la garde. Trois jours plus tard s’élèvent les premières barricades. L’armée se heurte aux insurgés dans le parc de Bruxelles. Elle reçoit finalement l’ordre de se retirer le dimanche 26 septembre.

   Le 27 septembre, les états généraux de La Haye votent la « séparation administrative » de la Belgique mais leur décision, trop tardive, est rejetée par le gouvernement provisoire qui s’est entre-temps constitué à Bruxelles.

   Celui-ci proclame l’indépendance des  » provinces Belgique  » et, une semaine plus tard, convoque un Congrès national afin de   donner une constitution au nouvel État. 

  Ce fut le  premier  » accroc  » aux traités de Vienne de 1815 qui ont mis fin à l’ère napoléonienne et tenté d’instaurer un nouvel ordre européen. Le tsar de Russie aurait d’ailleurs été tenté d’intervenir militairement pour restaurer l’autorité du pouvoir légitime au nom des préceptes de la Sainte-Alliance. Il y aurait renoncé , étant embarrassé de son côté par l’agitation en Pologne.

 

Un roi pour les belges

( Image trouvée sur le net ) 

Le roi Guillaume Ier obtient l’ouverture d’une conférence internationale.

    C’ est à Londres , le 4 novembre 1830 que se réunit la  conférence des grandes puissances (Angleterre, Autriche, Prusse, France, Russie).

   Le représentant de la France n’est autre que  » l’inusable  » prince Charles Maurice de Talleyrand-Périgord (77 ans).

    Il propose, en vain, un partage de la Belgique entre la France et les Pays-Bas. Mais, à l’instigation du ministre anglais des Affaires étrangères, Lord Henry Palmerston, la conférence s’incline devant le fait accompli.

    Entre-temps, à Bruxelles, le 10 novembre 1830, s’ouvre le Congrès national belge, au son du bourdon de la collégiale des Saints-Michel-et-Gudule. Le 18 novembre 1830, ses cent-quatre-vingt-huit membres votent et proclament officiellement l’indépendance de la Belgique. 

   Quatre jours plus tard, ils votent sur le choix du régime et se prononcent à une très large majorité pour une monarchie constitutionnelle. C’est qu’ils ne veulent pas effrayer leurs voisins qui, tous, ont des régimes de ce type et ont gardé de la Révolution française une franche horreur du régime républicain.

 

Le 20 décembre 1830, une motion reconnaît la séparation de la Belgique d’avec le royaume des Pays-Bas.

   Le 20 janvier 1831, les conférenciers réunis à Londres entérinent solennellement l’indépendance et la neutralité du nouvel État belge.

 L’article  du protocole  signé ce jour énonce :  » La Belgique, dans ses limites telles qu’elles seront arrêtées et tracées conformément aux bases posées dans les articles 1, 2 et 4 du présent protocole, formera un état perpétuellement neutre. Les cinq puissances lui garantissent cette neutralité perpétuelle, ainsi que l’intégrité et l’inviolabilité de son territoire dans les limites mentionnées ci-dessus  » ..

La conférence donne au nouveau pays les frontières qui étaient celles des Pays-Bas autrichiens en 1790, à la veille de la Révolution française. Le grand-duché du Luxembourg demeure une possession personnelle du roi de Hollande Guillaume Ier.

À Bruxelles, le Congrès national belge se réjouit de l’indépendance mais conteste les frontières. Il » lorgne  » sur le Luxembourg et les bouches de l’Escaut. En attendant que soit résolue la question, il inaugure le 7 février 1831 la Constitution. Il décide aussi d’asseoir la légitimité du nouvel État en lui donnant un monarque, selon une habitude inaugurée au temps de Napoléon Ier.

Sollicité par les Belges, le jeune duc de Nemours (16 ans), second fils de Louis-Philippe, roi des Français, refuse la couronne pour ne pas irriter les autres pays, inquiets de tout ce qui pourrait ressembler à une extension d’influence de la France.

Léopold, prince héréditaire de Saxe-Cobourg-Saafeld, est alors pressenti par les Anglais. Le 4 juin 1831, le prince, qui a refusé quelques semaines plus tôt la couronne de Grèce, est finalement élu roi des Belges par le Congrès national, sous le nom de Léopold Ier.

 

Le 21 juillet 1831, il est accueilli triomphalement à Bruxelles et prête serment sur la Constitution (l’anniversaire de cet événement est devenu fête nationale).

  Léopold Ier, mort en 1865, et son fils Léopold II, mort en 1909, vont avec habileté louvoyer entre les grandes puissances pour assurer la viabilité du royaume. Mais eux-mêmes et leurs enfants souffriront dans leur chair des arrangements imposés par la raison d’État (mariages malheureux, débauches…).

Leur descendance règne encore à Bruxelles en la personne du roi Philippe, dans un style heureusement plus décomplexé, plus souriant, en un mot plus « belge ».

Un siècle monarchiste

   En Belgique comme dans l’ensemble de l’Europe post-révolutionnaire du XIXe siècle, la bourgeoisie dirigeante ne conçoit pas de gouvernement autre que monarchique (la Suisse est l’exception à la règle), avec une Constitution à la clé et un suffrage censitaire qui tient les pauvres à l’écart des urnes (seuls ont le droit de vote les citoyens qui sont assez riches pour payer un certain montant d’impôt, le cens). Elle est hostile au suffrage universel car elle craint que les masses illettrées des campagnes n’accordent leurs suffrages aux notables locaux (curés et aristocrates).

C’est à cette époque que le terme république, précédemment synonyme d’État, en vient à désigner strictement un État non-monarchique.

Rien à voir avec le Moyen Âge où les dynasties royales, tantôt héréditaires, tantôt électives, cohabitaient avec des gouvernements oligarchiques en Suisse, en Italie ou encore en Allemagne… En dépit des idées convenues, le Moyen Âge occidental, avec ses villes indépendantes, ses républiques paysannes ou urbaines et ses monarchies électives, était moins monarchique et plus  » démocratique  » que l’Europe continentale du début du XIXe siècle !

   Les deux premiers rois des Belges illustrent le mal-être de cette aristocratie bourgeoise, autrement plus coincée que l’aristocratie du siècle précédent (le XVIIIe).

 

  Précaire neutralité :

  Sans tarder, Léopold de Saxe-Cobourg use de son influence pour obtenir de la conférence une rectification des frontières à l’avantage de la Belgique. C’est ainsi que le Congrès national approuve le 9 juillet 1831 le traité dit des XVIII articles. Il assure à la Belgique l’accès aux bouches de l’Escaut. Les Hollandais protestent et reprennent la guerre.

   Par la Campagne des Dix Jours, en août 1831, ils pénètrent en Belgique et n’ont aucun mal à écraser l’armée belge improvisée de bric et de broc. Le roi, l’un des rares militaires de métier de cette armée, a le plus grand mal à mobiliser ses troupes. Heureusement, l’armée française barre la route de Bruxelles aux Hollandais et ils n’insistent pas.

   Le 14 octobre 1831, le traité des XXIV articles règle la question des frontières en donnant à la Belgique la partie wallonne du Luxembourg et aux Pays-Bas les bouches de l’Escaut et le Limbourg. Le Luxembourg allemand est érigé en un grand-duché dépendant directement de Guillaume Ier. La Belgique accepte le traité mais les Pays-Bas quant à eux le rejettent. Les relations entre les deux pays restent tendues.

   Léopold Ier demeure consterné par sa mésaventure militaire et en conçoit un mépris aigu pour ses nouveaux compatriotes. Il est un moment tenté d’abdiquer mais se ravise. Finement, il demande à Louis-Philippe la main de sa fille Louise-Marie. Elle a 19 ans, il en a 42 mais qu’importe, la raison d’État doit primer. Le mariage, conclu à Compiègne le 9 août 1832, consolide le royaume. Avec un roi allemand et anglophile, marié à une princesse française, il n’a plus à craindre d’être absorbé par ses voisins.  

   En décembre 1832, avec l’aide de la France et de l’Angleterre, les Belges récupèrent la forteresse d’Anvers. Les représentants des cinq Puissances ainsi que des Pays-Bas et de la Belgique se retrouvent enfin à Londres le 19 avril 1839 pour la signature d’un traité dit quintuple par lequel les Pays-Bas entérinent le traité des XXIV articles. L’ensemble des signataires réaffirment par ailleurs la neutralité de la Belgique.

  La violation de cette neutralité par les Allemands, le 4 août 1914, motivera l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne aux côté de la France et de la Russie.

 

 » La grande muette  »

Comme chacun sait ( Je présume ) , on surnomme souvent l’armée la  » grande muette  »

On dit souvent que c’est à cause du  » devoir de réserve  » , qui interdit aux militaires d’exprimer publiquement leurs opinions politiques . J’ai lu qu’il n’en serait rien : L’expression remonterait à l’instauration de la deuxième République , quand le décret du 5 mars 1848 rétablit le suffrage universel masculin , tous les français retrouvent le droit de vote sauf  : Le clergé,les détenus et…..les militaires !militaire En effet, vu le contexte de tension avec la  » Confédération germanique  », l’état – major français estimait dangereux de laisser les soldats se disperser dans tout le territoire pour aller voter dans leur commune ….Ainsi , les militaires devinrent  » muets civiquement  » ! Cette  » discrimination ne prit fin que le 17 août 1945 par décision du général de Gaulle ….

Droit de se présenter , être candidats aux élections

En 2018  à l’Assemblée nationale : Une petite révolution à ce sujet ….

    En effet , dans le chapitre consacré aux « droits politiques des militaires », un article du projet de loi autorise les soldats à figurer sur des listes électorales lors des élections municipales dans les communes de moins de 3.500 habitants, lesquelles représentent « 92% des communes et 33% de la population française ».

   Un amendement a été adopté pour augmenter cette limite au seuil de 9.000 habitants. Le projet de loi « tire les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel ayant jugé non conforme à la Constitution l’incompatibilité générale entre le statut de militaire en service et l’exercice d’un mandat municipal ».

   Jusque-là, et conformément au Code de la défense, les militaires qui voulaient se présenter à des élections municipalesurne vote devaient se placer en statut de « détachement », renonçant à cette occasion à leur solde.  (Ce qui avait tendance à démotiver les concernés, la rémunération des conseillers municipaux dans les petites communes étant soit inexistante, soit dérisoire.)

 

 

Patelin….?

J’en apprends tous les jours :

Comme chacun sait , le mot  » patelin  » désigne familièrement un village patelin….Mais :

Patelin (adj.)
=.qui est doucereux, enjôleur, flatteur.

exemple :

    » Ce n’était point Tartufe, ce n’était point un patelin, c’était un prélat de conséquence, prêchant avec dignité et parcourant toute la vie de cette princesse  avec une adresse incroyable (SÉVIGNÉ 12 avril 1680)